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Troupe Yempabou de Fada N’Gourma : un phare de la culture gulmancema

Les danses et les musiques traditionnelles constituent l’un des patrimoines culturels immatériels les plus dynamiques du Burkina Faso. Elles sont animées par quelques centaines de troupes aussi bien informelles que formelles disséminées dans toutes les régions et dans toutes les ethnies. La « jeune » troupe Yempabou de Fada en fait partie. Classée première troupe de danse traditionnelle au niveau régional, elle devait représenter la région de l’Est à la Semaine nationale de la Culture (SNC), édition 2020, se positionnant de plus en plus comme un phare de la culture gulmancema.

La troupe « Yempabou », qui signifie « serviteur de Dieu » en langue gulmancema, est composée de 14 jeunes femmes et hommes, dont 8 danseurs (filles et 4 hommes) et 6 musiciens. Ils sont âgés entre 23 et 42 ans. La passion qui les unit : la danse traditionnelle. Au début de leur aventure, l’audace d’un jeune homme de 35 ans qui a décidé de créer une troupe avec ses maigres économies d’aide-maçon. Djakaridia OUOBA, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a joué du tam-tam depuis son plus jeune âge. Il a sillonné les quartiers de la ville de Yendabli et des villages environnants pour jouer « le gros tam-tam » pendant les fêtes ou manifestations culturelles à la demande de ses invités. « Le tam-tam est ma passion. Ça fait 21 ans que je [le] joue. Je suis connu à Fada grâce à cela. En 2017, j’ai remarqué que les troupes traditionnelles à Fada n’étaient plus performantes et visibles comme avant. C’est alors que j’ai décidé de monter une troupe avec quelques jeunes qui étaient là », relate-t-il. Et il a eu raison d’avoir osé, car la même année, la troupe est en lice pour les éliminatoires de la SNC.

Djakaridja OUOBA, artiste et fondateur de la troupe Yendabili de Fada.

« Malgré notre jeunesse, nous avons ravi la deuxième place devant des troupes plus anciennes en expérience et en notoriété. Nous nous sommes alors donné le défi de remporter la première place à l’édition suivante. »

Les animations de la jeune troupe ont suscité un certain engouement chez les populations de la région et l’imposant progressivement sur les plans national et international. La région de l’Est est riche en diversité culturelle. C’est l’une de régions du Burkina où trois communautés ethniques - que sont les Gourmantché, les peuls et les Mossé - vivent sur les mêmes espaces, en symbiose. Yendabili travaille donc à rendre hommage et louer cela. Ils s’attachent à créer des performances s’inspirant des gestes et des rythmes des différentes communautés ethniques de la région. « Nous jouons donc plusieurs types de danses comme le Tanciala, le Warba, le Liwaga, le Webbiendé, les danses peul. Nous maîtrisons tout à la perfection. C’est notre force. » Le secret d’une telle réussite : l’entraînement. « Nos jours de répétition sont mardi et jeudi sous une tente traditionnelle chez-moi », explique M. OUOBA, l’artiste de 38 ans. Depuis la création de la troupe en 2017, nous n’avons pas sauté un seul jour de répétition, sauf si nous sommes en tournée. »

Un ambassadeur de la région de l’Est
Des tournées au niveau national et dans les pays voisins, la troupe Yendabili en a connu. Ils sont conviés à toutes les grandes manifestations au niveau de la région et ont connu la fièvre des grandes scènes des festivals de musique comme le festival de danse de Ouagadougou d’Irène TASSEMBÉDO. «  Nous avons fait partie de l’une des troupes traditionnelles à jouer devant les Président Roch KABORÉ et Georges WEAH, lors de la visite de ce dernier au Burkina Faso en 2018. » L’artiste explique que faute de visa, 10 membres de la troupe ont même manqué de partir en France, dans le cadre du 40e anniversaire du jumelage de la mairie de Fada et la ville d’Epernay en France en 2019.

Une partie de la troupe après une prestation.

Cet enthousiasme ne cache pas les difficultés
Car les difficultés ne manquent pas. La différence de traitement et d’équité entre les artistes de la musique moderne et celle traditionnelle semble criante. « Quand on vous invite pour une prestation, on vous propose la moitié ou même le tiers du cachet donné à l’artiste moderne, même si ce dernier est seul et a fait un playback et nous le live. Cela n’est pas encourageant. », déplore l’artiste. Il reconnaît toutefois que cette situation est récurrente parce qu’elles sont rares, les troupes traditionnelles qui ont des managers, et les artistes sous ce registre sont beaucoup plus passionnés et ne considèrent pas leurs projets comme des entreprises. Or les tenues coûtent les yeux de la tête : pas moins de 100 000 F CFA pour certaines tenues qui demandent de la peau de bétail, des cauris de tout genre. Les instruments de musique ne sont pas en reste. Du Lounga au gros tam-tam en passant par le djembé et la calebasse, c’est un véritable arsenal musical qu’il faut constituer pour être compétitif à la Semaine nationale de la Culture. « J’ai donc été obligé de mettre mon métier de d’aide-maçon de côté pour mieux poursuivre les demandes de soutien adressées à certaines structures, même si la pandémie de la Covid-19 a eu un impact sur l’élan amorcé. »

Fondée en 1983 sous la Révolution du Capitaine Sankara, la SNC est le cadre privilégié de la politique culturelle étatique. Elle est même considérée comme un « laboratoire », un « forum de brassage des différentes identités culturelles ».

Promouvoir la danse traditionnelle comme outil de développement local

Mon vœu est de créer un centre de formation.

Djakaridjia OUOBA a dorénavant un seul rêve : faire bonne prestation à la SNC et créer un centre de formation. « Je veux former des jeunes qui ont la passion de la danse ou des instruments de musique ». Dans ce contexte national marqué par la crise sécuritaire, l’artiste veut travailler à montrer aux Burkinabè qu’il n’y a pas que le terrorisme et les conflits à l’Est. Il veut montrer que la région est belle de sa culture. La troupe Yendabili veut prêcher la « cohésion et la tolérance entre les habitants ». Et à Djakaridjia d’espérer : « Je veux contribuer à promouvoir ses potentialités artistiques et culturelles à la suite de mon aîné Alfred OUOBA, promoteur du Festival Dilembu au Gulmu. »

Tûwênd-Nooma Jean Damase ROAMBA, Observateur Civitac, région de l’Est

     

 

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