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Assainissement dans la ville de Boussé : Viim-Yingré en fait son affaire

Avec la décentralisation, la compétence de la gestion des déchets solides est dévolue aux collectivités territoriales. Il relève donc de la responsabilité des mairies d’assurer l’enlèvement, le transport, l’élimination des déchets municipaux, l’aménagement des sites et le traitement des déchets solides. Cela engage nécessairement des ressources financières et techniques dont ces communes ne disposent pas forcément. C’est le cas de la commune de Boussé, qui est cependant accompagnée dans cette filière par de bonnes volontés, notamment l’association Viim-Yingré.

Nous savons que l’insalubrité des villes au Burkina Faso pose de graves problèmes d’hygiène et de maladies. La gestion des déchets constitue donc un enjeu environnemental et sanitaire crucial pour garantir de meilleures conditions de vie aux populations. C’est convaincue de cette approche que, depuis 2004, l’association Viim-Yingré (« source de vie, en langue mooré) » s’illustre comme pionnière dans la collecte des ordures ménagères dans la commune de Boussé. Elle est présidée par Lamoussa GANSONRÉ. A ses débuts elle s’était engagée au bouchage des ‘nids de poule’ sur les voies publiques dans le but d’entretenir le bien commun ; par la suite elle a réorienté ses actions vers l’assainissement de la ville.
L’association est également soutenue dans sa logique par la Mairie, des services déconcentrés de l’Etat ou les Organisations de la société civile de par leurs activités ponctuelles, en l’occurrence l’organisation de journées de salubrité dans les lieux publics de la ville.

M. GANSONRÉ, président de l’association.

Quand la fierté va au-delà de l’intérêt personnel
En plus d’assurer l’entretien de quelques services publics de la commune, une fois par semaine, notamment les jeudis, l’équipe de collecte, composée de 14 personnes, dont 3 hommes et 11 femmes, passe de ménage en ménage pour vider les bacs à ordures. Ces bacs ont été mis à la disposition de l’association grâce à l’appui de la mairie, et sont placés au sein des ménages à raison de 1 000 F CFA et un abonnement de 500 F CFA mensuel pour l’enlèvement des ordures. Ces abonnements servent à payer les membres de l’équipe sur le terrain et à couvrir certaines dépenses. M. GANSONRÉ confirme : « C’est avec le cumul des abonnements que je paie les gens qui travaillent sur le terrain. Ils perçoivent chacun une somme de 5 000 F CFA à la fin du mois. Ce n’est pas beaucoup, mais quand tu as l’amour de la chose tu te sacrifies. Je peux dire que le métier ne nourrit pas son homme, mais je suis fier de savoir que je contribue quand même au développement de ma commune. »

Quelques outils de collecte des déchets.

Le traitement des ordures après l’enlèvement
Tous les déchets collectés par l’association sont rassemblés et stockés dans un espace aménagé par la Mairie à cet effet. Ces déchets de toute nature ne subissent pas de tri ni de traitement particuliers après leur enlèvement, bien que parmi ces éléments il existe des objets réutilisables en l’état ou après modification. L’agent domanial de la Mairie en charge de l’hygiène et l’assainissement, M. KOAMA, explique : « Notre plan de lotissement a prévu des Centres de Transfert des ordures ménagères (CTOM). Il avait pour vocation de créer des centres de tri et de valorisation des déchets. Nous avons soumis ce projet à des partenaires qui n’a pas connu de suite favorable. Pour l’instant nous nous contentons d’une carrière abandonnée un peu hors de la ville pour stocker les ordures. Nous sommes tout de même en négociation avec les propriétaires terriens pour réaliser une décharge contrôlée. »

La décharge des ordures après la collecte.

De son côté, M. GANSONRÉ, président de l’association Viim-Yingré, dit être conscient de l’utilité de certains déchets qu’ils délaissent dans la nature mais dit être impuissant par manque de moyens et de matériel pour la valorisation de ces déchets. Mais il reste optimiste : « J’ai négocié avec une association qui œuvre dans la valorisation des déchets plastiques qu’ils transforment en chaises, pavés, paniers, etc. pour qu’ils forment mon fils. Il y est même actuellement. Quand il sera de retour on verra la suite. »

La commune, quant à elle, met en œuvre son premier plan stratégique de gestion des déchets solides avec l’appui de la coopération Région du Plateau Central/Région Nouvelle-Aquitaine. Débuté en 2018, ce projet biannuel vise à contribuer à la gestion durable des déchets solides dans la commune de Boussé, puis à trouver des solutions pour offrir des services adéquats aux populations en matière de gestion de ces déchets. Pour ce faire il y est prévu, entre autres, la mise en place d’infrastructures de base, tels quatre centres de collecte un centre de tri et une décharge.

Anaïs MONÉ, Observatrice Civitac, Plateau central

     

 

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Agenda

Journée de redevabilité de la commune de Boussé

Le samedi 24 octobre 2020 à l’École A.

Atelier de présentation de la plateforme Civitac aux collectivités terrotoriales de la région du Centre-Est en collaboration avec la Coopération Belge (ENABEL)

16 Octobre 2020 à Tenkodogo

Concertation sur l’augmentation des ressources budgétaires au profit des secteurs de la santé, de l’AEPA et de l’agriculture

Le vendredi 09 octobre 2020 à Ouagadougou.

 

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