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Désiré Marie YAMÉOGO, l’homme au cœur du miel de la Savane

Il est des hommes et des femmes dont l’histoire du parcours nécessite plusieurs heures pour la raconter. Désiré Marie YAMÉOGO est logé dans la même enseigne que ceux et celles qui ont impacté et continuent d’ailleurs d’impacter positivement leurs communautés de par leurs œuvres. A travers ces lignes, découvrez le portrait de celui qui a su, au fil des années, donner à l’apiculture ses lettres de noblesse à travers son association Wend Puiré, qui fait la promotion du miel à Koudougou, avec sa marque APISAVANA !

Née le 8 mai 1963 à Koudougou, Désiré Marie YAMÉOGO est un professeur d’allemand de formation. A ce titre, il va partager son savoir dans les Lycées Nelson-Mandela et Bogodogo de Ouagadougou au cours de son service national avant de s’engager dans l’enseignement catholique, plus précisément au Petit séminaire de Koudougou. Après quinze (15) ans aux côtés des élèves, il décide, en 2004, de déposer la craie pour se consacrer entièrement à sa passion, l’apiculture. Un risque énorme, quand on sait que non seulement le secteur n’était pas considéré comme prometteur, mais aussi que M. YAMÉOGO, issu d’une famille modeste de neuf (9) enfants, était l’espoir de tous à l’époque, car étant le seul fonctionnaire de cette fratrie.

L’association Wend Puiré, la naissance d’une géante du miel
La rencontre entre Désiré Marie YAMÉOGO et l’apiculture remonte à l’âge de 12 ans par le biais de son ami du même âge, Pierre LANDRON. Vingt-cinq (25) ans après, soit en 1994, il retrouve son ami à Paris qui s’était adonné à cette activité en tant qu’amateur. Ce dernier lui fait connaître les vertus du miel pour l’Homme. De retour au pays, il décide à son tour de se lancer dans la production du miel et constate tout de suite les retombées pour sa famille. En 1999, M. YAMÉOGO, qui a l’opportunité de retourner en Allemagne pour un stage, en profite pour se rendre en France afin de se former pendant deux mois sur la filière. De retour en Allemagne, les connaissances acquises lors de cette formation sont renforcées par d’autres opportunités d’interactions.

Avec la création de l’association, M. YAMÉOGO veut améliorer les conditions de vie des populations rurales grâce à l’apiculture.

Une fois au pays, il fonde, toujours en 1999, l’association Wend Puiré (« La part de Dieu », en langue mooré), afin de développer davantage l’activité au profit des populations rurales principalement. « J’étais convaincu que cette activité ne nourrissait pas seulement son homme mais pouvait également améliorer la santé des populations. Et avec l’association, il fallait former les acteurs, les accompagner et surtout garantir le rachat de leur production afin qu’ils puissent avoir un revenu », confie M. YAMÉOGO. Séduites par la vision de la jeune association, l’Ambassade de France au Burkina Faso et l’association Le Relais basée en France n’hésitent pas, en 2002, à apporter leur soutien à l’aventure.

Wend Puiré, fruit d’un travail acharné
Grâce aux différents appuis et au travail acharné de son fondateur et de ses collaborateurs, l’association dispose aujourd’hui de 4 centres apicoles, d’un centre de formation professionnelle et de recherche à Orodara. Elle a réussi à créer un réseau de près de 5 000 apiculteurs, 85 emplois permanents, tous déclarés, une production apicole en 2019 qui a pu atteindre 208 tonnes de miel. « C’est devenu le fleuron d’une petite et moyenne entreprise au Burkina. Elle a apporté un changement auprès de beaucoup de populations rurales », se réjouit M. YAMÉOGO.

Avec le nom APISAVANA, c’est la production des autres régions qui est prise en compte.

Le miel de l’association, qui se commercialisait sous le nom ‘’Miel du Boulkiemdé’ - pour faire référence au fait que l’association y avait son siège et que le miel en provenait -, va changer de nom à partir de 2005 pour prendre en considération le fait que la production provenait désormais d’autres régions du pays. ‘’Apis’’, qui veut dire ‘’miel’’, en latin et ‘’savana’’, qui signifie la ‘’savane’’.

M. YAMÉOGO, c’est aussi l’entrepreneur préoccupé par les questions sociales
Avec l’association Wend Puiré, M. YAMÉOGO s’est également engagé pour la cause des enfants défavorisés en travaillant à leur assurer les mêmes droits que les autres, à savoir le droit à l’éducation. Cette volonté va être accompagnée avec la création, en 2008, du Village Laafi, grâce toujours au soutien d’amis. Dans ce centre, on y retrouve une bibliothèque à la disposition des étudiants, un cyber pour la connexion Internet, une salle de formation, la troupe théâtrale Béog-nêré, et une école maternelle dont plus de 50% des enfants sont pris en charge par l’association à 100% pour les uns et à 75% ou à 50% pour les autres.

M. YAMÉOGO a foi qu’une bonne formation de la jeunesse peut être gage du développement de la société.

Convaincu que l’éducation est le plus rentable des investissements pour une société, il crée, avec l’accompagnement de partenaires allemands, le Lycée moderne Schorge, situé dans le village de Palogo, à quelques kilomètres de Koudougou. En 2018, c’est au tour de Burkina Institute of Technology (BIT) de voir le jour avec pour objectif de former une jeunesse capable d’entreprendre et d’innover.

Son message à la jeunesse
Aujourd’hui, Désiré Marie YAMÉOGO se dit très satisfait de ce qu’il a pu accomplir, mais il estime que c’est à présent à la jeunesse de prendre les choses en main et de surtout faire mieux que les aînés. « Il y a des dispositifs aujourd’hui qui sont accordés aux jeunes mais beaucoup ne savent pas en profiter parce qu’ils ne croient pas en eux. Avec peu d’opportunités on peut agir. Ce n’est pas beaucoup d’argent qui développe. Mais ce qui reste fondamental, c’est qu’il faut la volonté, la détermination et le courage parce que les embûches ne manqueront pas.

Il poursuit : « Je souhaite que cette jeunesse ne soit pas défaitiste, qu’elle comprenne qu’elle a tout entre ses mains. Vouloir c’est pouvoir. Ce n’est pas un adage que j’ai appris à l’école mais quelque chose que j’ai vécu et qui es devenu une conviction. Avec une volonté et une sincérité en soi, on est capable de bouleverser le monde. Si cette conviction est intégrée chez une personne, elle trouvera les moyens de pouvoir grandir », a lancé celui qui souhaite que l’on retienne de lui l’image d’une personne intègre, battante, ambitieuse et courageuse qui aura donné tout son possible pour son pays.

Romuald Windenonga OUÉDRAOGO, Observateur Civitac, Centre-Ouest

     

 

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Du 24 au 27 novembre 2020 à Fada.

Atelier de production capitalisation radio, contrôle citoyen et reddition des comptes

Du 12 au 13 novembre 2020 à Koudougou.

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Le 12 novembre 2020 à Titao.

 

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