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Société cotonnière du Gourma : un maillon fort de l’économie de la région de l’Est

Créée en juillet 2004 suite à la libéralisation de la filière cotonnière et à la cession des actifs de la Société burkinabè des fibres textiles (SOFITEX) dans la zone Est du Burkina, la Société cotonnière du Gourma (SOCOMA) est le chef s’orchestre de l’industrie cotonnière dans la région. Elle dispose de trois usines réparties entre Diapaga, Kompienga et Fada N’Gourma pour l’égrenage du coton avant le conditionnement. De l’appui-conseil aux agriculteurs à la mise en œuvre de projets de développement en passant par la transformation du coton, la SOCOMA se positionne comme un acteur incontournable du développement dans la région.

Trônant majestueusement à l’entrée de la ville sur la RN 18, le local abritant l’usine SOCOMA de Fada N’Gourma est le plus ancien et le plus stratégique de la société. Quand on arrive de Ouagadougou, une plaque indicative est plantée tout au bord de la voie et indique la bâtisse à quelques mètres du goudron à gauche. Avec sa vingtaine d’employés permanents, l’usine de Fada N’Gourma « tourne » 24h/24, comprend en son sein une infirmerie et une équipe de techniciens chargés du contrôle et de la maintenance des équipements. C’est une usine hybride qui dispose de deux égreneuses, possédant chacune 170 scies pour une capacité d’égrenage d’environ 35 000 tonnes.

A l’intérieur de l’immense cour, quelques camions sont garés. Plus loin, dans une pièce au fond, des ouvriers vêtus de blouses bleu foncé s’affairent dans une salle aux prises avec les bruits infernaux des machines et où il faut crier pour se faire entendre. Ils peuvent ainsi égrener jusqu’à 160-200 tonnes par jour, s’il n’y a pas de panne et si la matière première, c’est-à-dire le coton, est disponible. « Il reste quelques bonnes semaines encore pour le début effectif des récoltes », explique un cadre à la Production.

Les camions aideront bientôt au transport du coton brut des champs au site.

Une campagne cotonnière difficile marquée par la crise sécuritaire
La SOCOMA est engagée auprès des centaines de producteurs disséminés à travers une cinquantaine de départements de la région de l’Est. Les années antérieures, elle a toujours déployé des équipes de supervision dans toutes les zones cotonnières pour constater les réalités sur le terrain, explique le Directeur de la production cotonnière. Objectif : accompagner les producteurs pour l’atteinte des objectifs et la réussite des campagnes cotonnières actuelles.

« Malgré l’installation tardive de la saison pluvieuse, l’on note une bonne physionomie du cotonnier dans certains centres comme Diabo, Ouargaye, Diapaga, Partiaga », rassure le Directeur général, Ali COMPAORÉ. Mais des difficultés subsistent. La SOCOMA - et toute l’industrie cotonnière nationale - a connu une baisse de production dans la campagne 2018-2019. Beaucoup de zones ont connu des inondations et un fort enherbement des parcelles.

L’activité emploie des centaines de personnes à temps partiel ou permanent.

Ceci a conduit à l’abandon de superficies, la pourriture des capsules due à la poursuite des pluies jusqu’en fin octobre 2019 et enfin la situation d’insécurité chronique qui prévaut à l’Est, en zone SOCOMA, qui a entraîné un recul des superficies emblavées. « La situation sécuritaire à l’Est a eu et a un impact très significatif sur la production. Des producteurs ont été obligés d’abandonner leurs champs, d’autres leurs récoltes, etc. », continue le DG. « Nous avons donc été contraint de concentrer notre personnel dans les villes de Fada, de Diapaga et de Kompienga », précise-t-il, avant d’espérer un retour rapide de la paix. La campagne promet d’être bonne. Mais elle est influencée négativement par l’insécurité dans la région, déplore-t-il.

Du coton à ses dérivés finaux, le processus est complexe
« Le camion est d’abord pesé vide, puis chargé de coton, afin d’en déterminer le poids », explique Jérôme ZOMA. Le coton est ensuite aspiré par des télescopes reliés à des grosses tuyauteries conduisant à l’épierreur, qui effectue un premier toilettage en le débarrassant des objets intrus (morceaux de bois, cailloux) et du coton immature, qui est lourd. Le coton graine est alors transféré dans un nettoyeur incliné pour y être dépoussiéré avant d’être envoyé dans la machine principale équipée d’un égreneur de 170 scies. Celle-ci est capable de traiter 8 à 24 balles par heure, et après l’égrenage, elle nettoie également la fibre avant l’étape du conditionnement, qui se fait en deux phases : le damage et le pressage afin d’obtenir des sacs de 220 kg. Au passage, un échantillon de la fibre est prélevé et envoyé au laboratoire pour analyse, afin d’en déterminer la teneur en impureté et la longueur de la soie. « Plus elle est longue, mieux c’est. L’analyse déterminera aussi le taux de blancheur du coton », a confié à Lefaso.net Mloba QUENUM, aujourd’hui à la retraite.

Une partie de la graine est ensuite utilisée pour la production de l’huile et l’autre partie pour servir de semences.

Une entreprise citoyenne au service d’une prospérité partagée
Société anonyme (SA) de droit burkinabè, la SOCOMA est une entreprise privée de la filière coton du Burkina Faso, filiale du groupe Géocoton. Son capital social, de 13 milliards 850 millions, est détenu par les actionnaires suivants : Géocoton : 75% ; l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina : 13% ; l’actionnariat privé national : 12%. Depuis sa création, la SOCOMA œuvre à maintenir un label Coton de qualité et profitable à tous. C’est ainsi qu’après avoir été certifiée Coton équitable, la production de coton SOCOMA est aujourd’hui certifiée « Cotton Made In Africa » par l’ONG Aid by Traid.

Outre l’appui technique et le conseil aux producteurs, l’achat, le transport, l’égrenage du coton graine, la fourniture d’intrants, la commercialisation de la fibre, de la graine et du linter, la SOCOMA travaille à mettre l’accent sur les cultures vivrières en alternance avec le coton dans le souci de les aider à combler leurs besoins alimentaires. Son action consiste par exemple en la cession de semences et d’intrants appropriés, la mise en place de recommandations techniques innovantes. C’est ce qui lui permet de se positionner comme l’une des trois firmes reconnues dans le secteur de l’industrie cotonnière.

Aussi, avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers, la SOCOMA met en œuvre des projets de développement avec pour mission une meilleure organisation des exploitations, la gestion de la biodiversité, la gestion de la fertilité des sols, le renforcement des capacités des producteurs, l’autonomisation des exploitations agricoles. La SOCOMA inscrit son action dans le sens de la diversification des cultures et une diversification des sources de revenus des producteurs. Elle se positionne comme un acteur de développement durable et contribue à l’amélioration des conditions de vie des populations en harmonie avec l’environnement.

Sensible, la SOCOMA est une entreprise qui fait prévaloir sa responsabilité sociale d’entreprise. Beaucoup d’actions sociales sont régulièrement menées par la structure pour assister la population ou les organisations humanitaires. En rappel, en réponse à la riposte citoyenne face à la Covid-19, des dons, d’une valeur de plus de 11 millions de francs CFA, de produits de première nécessité comme des vivres alimentaires, du savon, etc. ont été opérés au profit des autorités sanitaires et des déplacés internes.
Séance de vulgarisation agricole auprès des agriculteurs dans la commune de Diapaga.Séance de vulgarisation agricole auprès des agriculteurs de la commune de Diapaga.

En plus de ces activités classiques, elle participe au financement de la recherche cotonnière et à l’entretien des pistes rurales et des appuis spécifiques aux organisations de producteurs. Forte des résultats très encourageants en termes de productivité obtenus durant toutes ces années avec la multiplication de semences de maïs en milieu paysan, la SOCOMA, qui considérait cette activité comme un service de raffermissement des relations avec les producteurs de sa zone et une contribution à l’atteinte des objectifs de sécurité alimentaire, en a fait un outil de promotion de la sécurité alimentaire.

Une chaîne de valeur large : de la graine aux fibres… tout est bon dans le coton
Boycotté et contesté depuis quelque temps par les agriculteurs, le coton a été dénoncé comme une culture non rentable. Face à la cherté du cours des intrants sur le marché mondial et le faible coût de vente, beaucoup d’agriculteurs burkinabè ont préféré tourner leur houe à Monsanto et au coton. Les subventions du gouvernement pour soutenir ce secteur semblent ne pas suffire.

Malgré ces difficultés, « la fibre de coton du Burkina Faso présente et garde toutes les caractéristiques d’une fibre de qualité. Elle présente les caractéristiques d’un coton de premier choix en termes d’homogénéité et de longueur de soie et de résistance. Elle se distingue aussi par sa blancheur et sa pureté », rassure la SOCOMA. « L’intensification agricole repose sur la mise à disposition des producteurs, à bonne date, et en quantité suffisante, de semences de qualité irréprochable. La qualité de la semence de coton demeure une préoccupation permanente et essentielle pour nous », continue le DG.
Illustration des produits dérivés du coton. Illustration des produits dérivés du coton.

Selon lui, la graine de coton est une oléagineuse utilisée pour la production d’huile végétale et d’aliments pour le bétail. Il explique par ailleurs qu’au Burkina Faso la production de semences de coton regroupe un ensemble d’activités, dont la gestion des parcelles de multiplication semencière, l’égrenage de la production de coton graine semencier, le traitement des semences avec des produits insecticides et fongicides systémiques, la certification de la qualité du produit fini et sa mise à disposition des clients partenaires (groupements de producteurs de coton du Burkina et institutions agricoles de pays africains).

Le Linter est de la fibre courte, c’est en d’autres termes les déchets issus du nettoyage de la fibre. Il est utilisé pour la confection de billets de banques, de toiles, de panneaux isolants, de chaussettes, de serpillières, de coton hydrophile…

La graine de coton est un excellent aliment de bétail. Très énergétique, elle est un concentré de protéines végétales, en fibre et en lignine. Sa composition nutritionnelle en fait un produit très prisé par les éleveurs burkinabè.

En outre, en collaboration avec la SN Citec, la SOCOMA met à la disposition des éleveurs de l’aliment de bétail de qualité (produit par SN-Citec à base de graines de coton).

Pour un meilleur rendement de la production, la firme utilise des variétés homologuées et reconnues sur la scène internationale. Ce sont : la FK37, la FK64 et la STAM59. Dans le cadre de l’amélioration de la qualité variétale et de l’évolution biotechnologique, l’entreprise a réalisé également des superficies de coton génétiquement modifié de type Bollgard II.

Les objectifs de production de semences sont fixés en fonction des besoins d’emblavures de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB) et les commandes des clients à l’étranger auprès de la SOCOMA. Le programme de production de semences est fondé sur l’exigence qualité qui postule une parfaite traçabilité et un relèvement significatif du niveau de certification. Au DG de préciser enfin : « Nous sommes conscient de notre rôle aussi bien dans l’économie nationale et régionale qu’en tant qu’acteur de développement au niveau rural. » Bien que les aléas de ces dernières années aient renvoyé le Burkina Faso de la 1ère à la 4e place du classement des plus grands producteurs africains, la SOCOMA veut rester compétitive sur le marché.

Tûwênd-Nooma Jean Damase ROAMBA, Observateur Civitac, région de l’Est

     

 

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Agenda

Atelier régional de vulgarisation de la plateforme Civitac et de formation en communication publique multimédia

Du 24 au 27 novembre 2020 à Fada.

Atelier de production capitalisation radio, contrôle citoyen et reddition des comptes

Du 12 au 13 novembre 2020 à Koudougou.

Journée de dialogue OSC-élus locaux

Le 12 novembre 2020 à Titao.

 

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