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L’Association Wend-songdo : un tremplin de valorisation des personnes handicapées visuelles

L’Association des Handicapés Visuels Wend-songdo du Kourwéogo (AHVWK) a été créée en 2011 et reconnue officiellement le 15 novembre 2012. Jonas TAPSOBA est le président de cette structure, qui compte aujourd’hui près de 100 membres et dont le siège est basé à Toéghin. D’où est venue l’idée de la création de l’association ? Quelles sont ses domaines d’intervention, ses réalisations ? Ce sont autant de questions auxquelles Civitac a obtenu des réponses au cours d’un entretien avec le premier responsable de la structure.

Aider les handicapés à s’intégrer dans la société et à s’épanouir comme les autres à travers l’apprentissage de métiers, voilà le principal cheval de bataille de l’Association des Handicapés visuels Wend-songdo du Kourwéogo (AHVWK). En effet, depuis plus d’une dizaine d’années, cette association travaille à changer le regard peu valorisant porté sous nos cieux sur les personnes vivant avec un handicap. Celles-ci sont la plupart du temps marginalisées et ravalées au second rang car jugées ‘’inutiles’’. M. TAPSOBA, à travers sa structure, compte démontrer le contraire en faisant en sorte que ces personnes ne demeurent pas dans une posture de charge pour la société, mais plutôt des agents qui participent autant que les autres au développement de la nation.

Jonas Tapsoba, Fondateur de l’Association des handicapés visuels Wend-songdo du Kourwéogo.

Genèse de l’association
Pour la petite histoire, Jonas TAPSOBA, fondateur et président de l’association, nous confie que l’idée de la mise en place de l’association lui est venue de son expérience d’orphelin. Il raconte : « J’ai perdu mon père quand j’étais enfant et ma mère a été remariée à un autre homme. Là-bas, j’ai trop souffert en tant qu’orphelin. Tout était difficile, même avoir à manger. Pour pouvoir survivre, il nous arrivait des fois de griller des graines d’oseille pour calmer notre faim. Je peux dire que j’ai connu la misère. Cette situation a beaucoup marqué ma vie. Après une aventure en Côte d’Ivoire, j’ai eu un appel de Dieu. Je suis parti me former à l’école biblique pendant trois ans. Après une année passée dans une autre localité, je suis revenu m’installer à Doanghin, où j’ai ouvert le centre le 2 mai 1993. Depuis ce jour, Dieu a touché mon cœur et j’ai eu de la compassion pour toutes les personnes vulnérables. A la fin de chaque récolte, je prélevais une partie pour les veuves et les orphelins. Puis, l’idée m’est venue de recevoir des personnes vivant avec un handicap au sein de notre association. C’est alors qu’en 2011, nous avons reçu 6 handicapés visuels. »

Les activités menées en faveur de ces personnes handicapées visuelles sont, entre autres, l’alphabétisation - à travers la méthode braille (Système d’écriture en points saillants à l’usage des personnes mal voyantes) -, le tissage des lits pico, des chaises, des tables, des sacs… et l’élevage des poules, des moutons, des chèvres et des porcs. Ces activités, pour M. TAPSOBA, ont pour but d’apprendre aux pensionnaires du centre de surpasser leur handicap et de surmonter les difficultés de la vie en subvenant eux-mêmes à leurs besoins.

Quelques chaises et lits pico réalisés par les pensionnaires du centre.

Le handicap visuel n’est pas une fin en soi
Gueswendé TABSOBA, âgé de 38 ans, réside à Tanghin, un village situé à environ 10 km de la commune de Toéghin, et vit avec un handicap visuel. Ce handicap est le résultat d’une agression dont il a été victime il y a quelques années. Cependant, cela n’a pas constitué un blocage à l’épanouissement de M. TAPSOBA, ni un frein pour subvenir aux besoins de sa famille. En effet, il est père de trois enfants, est actuellement formateur en braille et tissage dans le centre de formation de l’Association Wend-songdo dont il est lui-même le produit. En plus de cette activité, pendant ses temps libres il tisse des chaises, des tables, des lits pico, etc. aux habitants. Ce qui ne lui rapporte pas forcément grand-chose, mais « c’est mieux que de ne rien avoir du tout », reconnaît Gueswendé.

Gueswendé Tapsoba, encadreur en braille à l’Association des handicapés visuels.

Il souhaite que « de bonnes volontés pensent à nous en nous accompagnant à avoir un atelier spécialement consacré au tissage où nous seront installés sur place pour offrir nos services aux gens. Ce serait plus facile pour nous car nous ne pouvons pas nous déplacer seuls, il faut tout le temps quelqu’un pour nous accompagner. Et ce sera aussi moins compliqué pour nos clients, qui sauront où nous trouver facilement ». Pour finir, Gueswendé TAPSOBA encourage les personnes handicapées, surtout celles qui sont encore jeunes, à s’affirmer car elles ont toujours une place dans la société. Il explique : « Le handicap ne doit pas être une excuse pour nous. Nous devons être psychologiquement forts, accepter notre situation et nous adapter. Je suis un exemple palpable. Ce n’est pas parce que je ne vois pas que je ne sais pas lire ou écrire, encore moins faire quelque chose de mes 10 doigts, pour mettre ma famille à l’abri du besoin. » Il termine en exhortant les proches des personnes vivant avec un handicap à éviter la stigmatisation et à les soutenir moralement pour leur permettre de surmonter au mieux la situation dans laquelle ils se trouvent.

Anaïs MONÉ, Observatrice de la plateforme Civitac, Plateau central

     

 

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