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Diabo : La Coordination communale des personnes en situation de handicap veut prendre en charge la question de l’autonomisation de ses membres

Ils sont plusieurs centaines, ces hommes et femmes en situation de handicap dans la commune de Diabo. Leur situation n’est pas toujours aisée au regard des préjugés et des pesanteurs socioculturelles dont elles sont victimes. La pauvreté, le dénuement souvent extrême sont la réalité d’un bon nombre d’entre eux, qui n’ont alors d’autre choix que de s’adonner à la mendicité pour survivre. La Coordination communale des personnes en situation de handicap, dirigée par M. Madi KOÉLA, a pris à bras-le-corps la question de l’autonomisation financière de cette frange de la population.

Créée le 9 octobre 2020, la Coordination communale des personnes en situation de handicap se compose de l’ensemble des associations des personnes vivant avec un handicap, aussi bien moteur ou visuel, de la commune de Diabo. Et pour cause, elle veut travailler en synergie pour faire de la formation de ses membres aux activités génératrices de revenus son cheval de bataille. « Il faut le dire, la situation des personnes vivant avec un handicap, surtout dans les communes rurales, n’est pas du tout jolie à voir. Notre coordination veut donc montrer que les personnes en situation de handicap peuvent aussi jouer leur partition dans le champ du développement et accompagner le processus de développement de la commune, en travaillant ensemble, dans la cohésion, la bonne entente et le dialogue. C’est ce qui nous permettra de nous nourrir dignement et de se sentir membres de la communauté », explique KOÉLA, handicapé visuel, par ailleurs président de la Coordination, avant d’ajouter que comme le dit un proverbe : « Si le warba de la famille se danse dans un plat, chacun y met son pied. » Les personnes en situation de handicap sont aussi des citoyens et ont donc leur rôle à jouer dans l’épanouissement socio-économique.

Madi Koéla, responsable de la Coordination, estime que la formation des personnes en situation de handicap est indispensable à toute autonomisation.

Le travail « manuel » comme arme contre la pauvreté et la mendicité
Au sein de la Coordination, plusieurs activités génératrices de revenus sont menées pour permettre à ses membres d’être moins dépendants des aides. Au nombre de ces activités, des micro-fermes pour l’élevage, de la transformation, de la tapisserie, etc. Marius KIÉMA, de Sartenga, confie : « Il y a quelques années, quand j’étais à Sartenga, j’étais assis et je ne savais pas comment m’y prendre pour travailler. J’ai pris la décision de partir à Ouaga. Arrivé à Ouaga, j’étais face à la même situation de chômage. J’ai donc voulu apprendre un travail manuel pour subvenir à mes besoins. C’est là qu’on m’a dit qu’il y a un Monsieur à la zone 1 qui tisse des lits pico [long lit fait à base de fil] et des chaises. Je suis resté avec lui quelque temps et après, je suis allé au Niger pour me perfectionner. »

Marius Kiéma tisse des lits pico et des chaises à base de fil.

Selon M. KOÉLA, le travail manuel est d’autant un défi qu’il permet d’autonomiser et de valoriser la personne en situation de handicap. Mais pour y arriver, il préconise de mettre l’accent sur la formation, d’où le projet de centre de formation qu’il porte. A l’en croire, c’est une petite maison de 10 tôles qu’ils veulent clôturer « Nous sommes également sur une initiative mais que nous n’avons pas encore pu concrétiser. Il s’agit du centre de formation en élevage pour personne vivant avec un handicap. Cette initiative est née pour parer à la difficulté de formation. Des micro-aides sont souvent octroyées aux personnes vivant avec un handicap par l’Etat ou des organisations gouvernementales pour faire de l’élevage, mais l’absence de formation de nous personnes handicapées est généralement la cause des échecs », indique-t-il.

Un siège pour faciliter les regroupements et les activités
La commune de Diabo est composée de 63 villages, avec autant de structures formelles ou informelles de personnes en situation de handicap. Et pour regrouper ces diverses personnes, la nécessité d’un siège s’impose, selon M. KOÉLA. « Notre cri de cœur, c’est le siège. Nous demandons beaucoup d’aides à ce niveau. Nous recherchons ardemment un siège pour la coordination. Si on a un siège, on pourra mieux y coordonner nos actions, se regrouper. Beaucoup de personnes veulent apprendre. Mais les villages sont tellement distants entre eux que l’absence de siège ne permet pas de regroupement. Maintenant si Dieu et des bonnes volontés nous aident à avoir le siège dans le chef-lieu de la commune, les personnes en situation de handicap peuvent se retrouver ici. Nous pouvons dire sans sourciller que si nous avons le siège, aucune personne en situation de handicap n’ira encore mendier quoi que ce soit. Nous témoignons que les AGR que nous développons nous sont bénéfiques. Rien que le premier jour de notre participation à la foire, nous avons déjà eu des commandes de cinq lits pico vendus à 27 000 F CFA, d’autres petits articles, de la tapisserie de vélo et moto, etc. Mais si nous nous quittons ici, pour nous retrouver encore, c’est difficile, sauf s’il y a une formation. » Et de terminer : « Je lance vraiment le cri de cœur auprès des bonnes volontés car on ne s’est pas levé pour nous rasseoir. »

Marius, quant à lui, a déjà formé Henri, un autre de ses pairs. « Beaucoup de personnes en situation de handicap sont intéressés par ce travail. Si on a un cadre [ndlr siège] bientôt, je compte former d’autres personnes », confie-t-il.

Tûwênd Nooma Jean Damase ROAMBA, Observateur Civitac, Région de l’Est

     

 

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Les 20, 21 et 22 septembre 2021 à 09h à Manni.

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Du 17 au 22 août 2021 à Fada N’Gourma

 

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