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CENBF de Diapaga : un fleuron de l’éducation de base non formelle qui fait ses preuves

Les CEBNF, centres d’éducation non conventionnelle, s’évertuent à améliorer le système d’apprentissage des jeunes non scolarisés ou exclus du système d’éducation de base âgés de 9 à 16 ans. Porté sur les fonts baptismaux en 2010, le CEBNF de Diapaga est un phare de l’éducation non formelle dans la commune. Une équipe dynamique multi-acteur (formateurs, COGES, apprenants) tente de faire du centre une école non formelle d’excellence malgré les conditions difficiles.

Conformément à la Constitution du Burkina Faso en son article 27, le droit à l’éducation pour tous les Burkinabè est un droit fondamental. Selon les responsables de la Direction en charge de l’éducation de base, ces CEBNF sont une « opportunité de formation pré-professionnalisante » et constituent une alternative au chômage ; ils tentent de répondre à l’inadaptation du « système éducatif actuel hérité de la colonisation, et qui ne correspond guère ni au contexte politique, ni aux réalités économique, sociale et culturelle du pays ».

Planche de jardinage éducatif dans l’enceinte du CEBNF.

Un temple local de savoir des métiers qui entend jouer son rôle
A la faveur des actions de relance et de dynamisation des CEBNF entamées en janvier 2019 par la Direction générale de l’éducation non formelle (DGENF), le CEBNF de Diapaga a bénéficié, au cours de l’année scolaire 2020-2021, de l’accompagnement de l’Etat à hauteur 3 351 200 F dans le cadre des ressources transférées à la mairie de Diapaga. « Cette dotation a permis d’équiper trois filières (coupe couture, menuiserie bois et mécanique deux-roues) en matériel », confie Yentéma OUALI, le Directeur dudit centre depuis 2018. En 2018-2019, première année de relance des CEBNF dans la Direction provinciale de l’éducation de base non formelle de la Tapoa, le CEBNF de Diapaga a enregistré à la rentrée un effectif de soixante-cinq (65) apprenants inscrits. Ceux qui ont terminé l’année sont au nombre de cinquante-deux (52). Les treize autres avaient fait le choix de métiers comme la maçonnerie, la menuiserie métallique et le tissage. Et comme le centre n’avait pas les deux filières (menuiserie métallique et le tissage), et ne disposait pas de formateurs pour la maçonnerie, « ils ont continué en ville pour se former », explique M. OUALI.

D’autres activités également se mènent parallèlement, comme l’élevage et le jardinage.

Malgré le contexte difficile, le centre a fait montre d’une résilience pour jouer son rôle social de formateur de conscience. En réponse à la forte demande en formation en métier et pour lutter contre le chômage, des jeunes de la ville ont reçu des formations en élevage et des visites d’expérimentation sont souvent organisées pour accélérer l’apprentissage et créer des cadres de partage d’expérience. Des séances de saponification ont également été organisées pour produire du savon liquide pour « l’hygiène du centre » et comme « contribution » du centre aux nombreuses personnes (PDI) que compte Diapaga, chef-lieu de la province de la Tapoa.

Des initiatives novatrices sont développées pour assurer le bon fonctionnement du centre. C’est le cas par exemple de cette foire d’exposition-vente qu’il a organisée.

Foire d’exposition-vente
Le clou des initiatives novatrices du CEBNF a été l’organisation d’une foire d’exposition-vente. Les pensionnaires du CEBNF de Diapaga ont ébloui les visiteurs de la ville de Diapaga sortis nombreux ce samedi-là, qui pour voir, qui pour encourager apprenants et enseignants, qui pour acheter les productions de « leurs frères » et « leurs enfants ».

Un élève de la filière coupe couture tient un stand pendant l’exposition.

Ils ont en effet tiré leur épingle du jeu. Dans les ‘’rayons’’ de la foire d’exposition-vente se laissent admirer des habits Hommes et Femmes délicatement étalés ou entassés çà et là, des meubles en bois comme des chaises, des tables à manger et des bancs entre autres. Certains élèves, dans une salle à l’intérieur du logis, proposent des prestations en mécanique moto (réparation, révision).

Cette activité, résultante de la vision et de l’audace des responsables du centre et des apprenants, est la première activité du genre que le CEBNF de Diapaga organise depuis sa relance officielle intervenue au cours de l’année scolaire 2018-2019.

« Quand nous avons pu acquérir le matériel pour ces trois filières (coupe couture, ménuiserie bois et mécanique moto), ensemble avec le COGES, on a essayé de voir comment nous allons faire pour que ça soit utile », conte le Directeur Yentéma OUALI. La foire a donc été organisée comme une activité génératrice de revenus qui pouvait « procurer des recettes » pour permettre de prendre en charge le matériel pour l’année scolaire à venir. « Cette année, nous avons eu un fonds en ce qui concerne le matériel en question, l’Etat nous a dégagé une somme de 500 000 F CFA (au compte de deux filières : coupe couture et mécanique auto) », continue le Directeur.

De concert avec ses collaborateurs, il a travaillé à équiper un métier supplémentaire (la menuiserie bois) pour faire face à la forte demande. Et c’est alors avec les trois métiers qu’ils ont décidé, en accord avec les apprenants, de faire beaucoup d’articles qui feront l’objet d’exposition pour générer des recettes. Et avec cette exposition, « nous avons pu faire connaître le centre », continue le Directeur, et « beaucoup de personnes se sont montrées intéressées », manifestant même de l’intérêt pour l’inscription de leurs enfants pour les années à venir.

149.700 F CFA de bénéfice grâce à la foire
Le Directeur se montre entièrement transparent. Au titre des acquis également, explique-t-il, cette exposition-vente, le mini-marché populaire, a fait une recette de 306 750 F CFA et un bénéfice net de 149 700 F CFA. « On a invité les chefs de service avec leurs personnels, les gens sont venus nous encourager, on a aussi fait des enveloppes surprises qui ont donné autour 26 000 F CFA », se réjouit-il. Ce sont des initiatives comme ça que nous avons développées pour avoir un peu d’argent dans notre centre pour soutenir l’action de la rentrée prochaine. Car le défi d’acquisition et de maintenance des équipements est tout entier. Au-delà même des recettes financières, cette foire a constitué un moyen de communication et de communion puissant entre les acteurs. « Nous nous réjouissons parce que c’est la première fois et vraiment ça a fait tache d’huile. »

Le genre ?
A en croire le Directeur, le CEBNF de Fada a des apprenantes assez appliquées. « Nous avons au total 13 filles au niveau de la coupe couture. La majorité des 13 inscrits qui ont continué en ville pour faire le tissage sont des filles. » Avant de terminer : « J’ai formulé une demande au niveau de la mairie pour qu’elle nous accompagne dans cette filière pour l’année à venir, et les choses sont en bonne voie ».

Le CEBNF de Diapaga utilise des formateurs locaux pour pallier les difficultés de ressources humaines.
Pour faire face au manque de formateurs à métier, le CEBNF de Diapaga a privilégié l’option locale. « On a essayé de voir les artisans locaux pour négocier avec eux. Avec les apprenants sortis en 2015, nous avons demandé leur accompagnement pour le rayonnement du centre et pour la formation de leurs jeunes frères et ils ont répondu favorablement. Moi-même, j’ai un collègue qui fut mon apprenant et qui est aujourd’hui formateur en menuiserie bois. Il y a un autre ancien formateur du centre qui était à Ouagadougou et qui est revenu cette année prendre en charge la formation en mécanique auto. Un autre formateur fourni par la Direction provinciale de l’éducation et de l’alphabétisation (DPENA) suite à une requête du Directeur a permis de combler le vide en coupe couture », explique le Directeur OUALI. Il précise que deux formateurs sont actuellement payés (en tant que vacataires) et les autres interviennent bénévolement.

Le Directeur Yentéma OUALI (au centre en chemise) pose avec des apprenants en élevage en visite au CEBNF.

Un long et difficile processus
Si le CEBNF de Diapaga a été créé en 2010, les premiers CEBNF ont, quant à eux, vu le jour en 1995 sous l’impulsion des réformes entreprises dans l’éducation à la faveur des Programmes d’ajustement structurel (PAS), dictées par les institutions de Bretton Woods. La phase d’expérimentation intervenue de 1995 à 1997 grâce au projet ES/CEBNF (école satellite pour ES) financé par l’UNICEF, a vu l’érection des trente (30) premiers CEBNF, implantés dans diverses localités situées dans 10 provinces du Burkina Faso. Cependant, ces centres, jugés « novateurs » aussi bien du point de vue des infrastructures matérielles et techniques que de la définition des contenus des programmes, de leur mise en œuvre et du personnel d’enseignement et d’encadrement, n’ont pas pu être fonctionnels comme prévu. Et pour cause, des dysfonctionnements majeurs causés par un manque de ressources techniques et humaines ont mis à terre les CEBNF.

Le CEBNF de Diapaga, pour sa part, de concert avec sa mairie, essaie, avec détermination, de tenir la barque à bon port. Avec pour objectif d’être solidement intégré au milieu de vie pour assurer la satisfaction des besoins des populations en matière d’éducation primaire et de continuer d’offrir une perspective professionnelle aux jeunes.

Tûwênd Nooma Jean Damase ROAMBA, Observateur Civitac

     

 

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