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Sahel : Une journée dans le marché hebdomadaire du Gorom

Gorom-Gorom, une ville située au Nord-Est du Burkina Faso est par excellence le chef de la province de l’Oudalan. La ville de Gorom est à 57,3km de Dori, chef-lieu de la région du sahel et à 324,7km de Ouagadougou la capitale du pays. Au cœur du sahel, cette commune est aux portes du désert saharien et a comme boucliers, les communes sœurs de Déou, Markoye, Oursi et Tin-Akof. De cette brève situation géographique ; on peut retenir de Gorom-Gorom, son important marché qui ménage conjointement avec celui du bétail tous les jeudis. Ce jour spécial de la semaine ne peut être manqué pour aucune raison. En effet les commerçants, les petits revendeurs d’articles divers, les éleveurs, les démarcheurs, les acheteurs, les visiteurs et même les mendiants sous aucun prétexte ne sauraient ce rendez-vous d’affaire hebdomadaire. Aller au marché de Gorom-Gorom les jeudis fait partie de leur priorité car c’est ce jour précis que l’on peut se procurer toutes les provisions nécessaires pour la semaine.
Ce jeudi 15 Juillet 2021, nous partons pour visiter le grand marché de Gorom-Gorom. Comme d’habitude, très tôt le matin, la ville commence à s’animer à cause des vas et viens des usagers qui tentent de gagner très vite le marché. Toutes les routes qui rallient les villages environnant à la ville de Gorom grouillent d’un monde incroyable. Certains entassés dans des tricycles ou sur des charrettes tractées par des ânes, d’autres sur des dromadaires au milieu de leurs bagages, tous se hâtent pour arriver très tôt pour commencer la vente de leurs produits aux premiers clients. D’autres encore préfèrent marcher tenant quelques poulets ou tirant un petit animal attaché au bout d’une corde dont l’argent de la vente servirait à se procurer des denrées et des condiments pour la famille. Nous nous mêlons à ces gens pour rejoindre le marché.

Objet d’art

Nous sommes à présent au marché. Dès l’entrée principale, un mélange d’odeurs nous accueille. Plusieurs femmes installées à l’entrée présentent aux passants du poisson fumé pêché dans les marres de d’Oursi, de Markoye etc. Ses poissons sont pour la plupart des silures qui sont une spécialité de la localité. Juste devant nous apercevons des dattes, de la menthe fraiche puis du manioc qui sont exposés par des vendeurs venus de Bidi et Ménégou. Ces produits sont issus des oasis que possèdent ces villages situés à environ une douzaine de kilomètres de Gorom. Nous avançons maintenant vers le centre du marché. Le passage devient de plus en plus difficile. On se bouscule, on parle dans toutes les langues. On ne tarde pas à entendre « Jam walli » bonjour en fulfuldé ou encore « iyow » qui signifie viens ici en tamachèque. Les expressions courantes qui sont maitrisées par les usagers sont « foti-foti » en fulfuldé ou « mergue-mergue » en sonrai lorsque ces derniers veulent s’enquérir des prix. Dans le marché, les boutiques sont déjà ouvertes. Elles sont occupées pour la plupart par des yorouba, des bella et des mossi. C’est le lieu où l’on peut se procurer des objets en plastique comme des seaux, des gobelets, des chaussures… Au milieu de ces boutiques se trouvent les tables des vendeuses de condiments surchargées de choux, d’oignons, d’aubergines, de tomates etc. Elles font de bonnes affaires avec leurs clientes qui leurs sont fidèles. Juste à côté, des bouchers aiguisent leurs couteaux et discutent avec leurs clients. A la boucherie de Gorom, on trouve principalement la viande de petits ruminants comme la chèvre, le mouton et celle de bœuf et parfois de dromadaire pour ceux qui en veulent.

Nous arrivons à présent à l’autre bout du marché. Là, des femmes nous interpellent pour nous proposer des ingrédients tels que les feuilles de baobab, du gombo sec ou du tamarin. D’un côté des cordonniers exposent au soleil les chaussures qu’ils ont lavé et réparé. De l’autre, les vendeuses de canari, de Sékos « nattes tissées avec de la peau » discutent les prix avec les personnes qui s’intéressent à leurs marchandises.

Carrefour de la poterie

Partout de petits vendeurs ambulants se faufilent entre le public et ne tardent pas à tirer les passants par le bras ou sur par l’habit, pour proposer son produit. Certains sont des mendiants qui quémandent leur pitance quotidienne aux usagers ou devant les restaurants et kiosques de la place. Il y a aussi de ces petits voleurs qui ne manquent pas d’occasions pour dérober des jetons ou un bout de bains aux inattentifs. Néanmoins on se comprend au milieu de cette cacophonie organisée par cette multitude de personnes qui ne partagent pas la même langue mais, ont des valeurs communes.

Au tour du marché, les camions et les cars de transport sont stationnés en attendant 16h pour démarrer avec les personnes et le bétail en destination de Déou, Markoye, Dori ou Ouaga. Quant aux villageois, ils commencent à regagner leurs domiciles aux environs de 14h à cause de la dégradation de la situation sécuritaire. Cette situation à changer les habitudes des populations et des usagers du marché. A cause des attaques et des braquages sur les routes et du couvre-feu imposé par le gouverneur de la région, le marché du soir autre fois préféré par certains n’est qu’une nostalgie. Malgré tout, les populations continuent de fréquenter cet important marché avec tous les risques que cela présente et dont ils en sont conscients. Vivement que la paix revienne pour le bonheur des habitants du Gorom !

Vue sur le marché

TINI TRAORE OBSERVATRICE CIVITAC GOROM

     

 

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