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Burkina : Zaï et compostage : un ticket gagnant pour une bonne agriculture à l’Est

La saison sèche a sonné le glas depuis quelques mois au Burkina Faso. Place depuis juin pour les uns et juillet pour la majorité des cultivateurs, à la saison hivernale. Celle-ci est la plus productive de l’année pour tous ces paysans, qui, armés majoritairement de petites mains et de matériels agraires archaïques comme la pioche et la daba, sont allés encore à la conquête des fruits de la terre.

Pour se donner la chance d’une assez bonne récolte face à une pluie de plus en plus pernicieuse et de terres appauvries, certains paysans se sont armés de bonnes pratiques agricoles ancestrales comme l’usage du « zaï » et du compost. Etymologiquement, zaï qui dérive du mot mooré « zaïégré » veut dire « se lever tôt et se hâter pour préparer sa terre » . Il consiste à creuser de petits trous qui retiennent l’eau de pluie. D’autres paysans expérimentent des pratiques modernes comme l’agroécologie, avec pour seule espérance : vaincre la faim. Dans la région de l’Est, à Yamba, comme à Diapangou ou à Matiacoali, les paysans, ces « petits-dieux » défiant toutes les difficultés, ont semé et espèrent récolter. Un espoir qui assurera les charges familiales en matière de nourriture, de la scolarisation des enfants, et du financement de certains projets familiaux.

Le zaï à la main, a l’aide de pioche, est réalisé dès les premières pluies de l’année entre mai et juin.

C’est en tout cas le souhait de plusieurs personnes que nous avons interrogé. Tardjoa LANKOANDÉ, dans son petit champ à une demi-douzaine de la ville de Fada, a semé du mil et du sésame qui ont vite grandi. « La saison se passe bien », avoue-t-il, optimiste. Ce nouveau bachelier que nous avons accosté dans la ville explique que ce petit champ l’aidera à se préparer pour le cycle supérieur. Longtemps considéré comme une technique agricole utilisée exclusivement par les paysans de la région du Nord réputée pour ses énormes terres dénudées et incultes aux cultures, le « zaï » s’est étendu à la région du l’Est qui est relativement épargnée par le phénomène d’appauvrissement des sols et qui connait une forte pluviométrie. Moussa OUÉDRAOGO est agent technique d’agriculture en poste dans la commune de Diapangou. Il explique qu’avec les sensibilisations de certains organismes étatiques et non étatiques, les paysans font usage de certaines pratiques jugées durables. Et pour cause, le ministère de l’agriculture et de la mécanisation tente de favoriser « l’adaptation du secteur agricole » au moyen de pratiques durables qui soient à même de renforcer la productivité et d’atténuer les impacts du changement climatique. Certains agriculteurs qu’il a côtoyé ont adopté le zaï pour surtout économiser l’engrais chimique.

Un champs de sésame en floraison

Compostage, une alternative à l’engrais chimique.
La production de la fumure organique est aussi l’une des bonnes pratiques culturales notables utilisée dans la région de l’Est notamment pour la culture du maïs et dans le jardinage. Plusieurs techniques comme le compostage en tas, est employé pour préparer cet engrais naturel « bio », encouragé et prôné par les apôtres du développement durable. En effet, la fertilisation des sols pour améliorer la productivité reste un défi pour les différents acteurs. La fumure organique serait une pratique tout aussi vieille que le zaï. Cette fumure est un cocktail composté de résidus agricoles, de « mauvaises herbes » et d’excréments d’animaux domestiques. Car hélas, les espaces agricoles sont souvent peu compris comme des espaces vivants.

Les excréments des animaux sont beaucoup utilisés dans la fertilisation des sols.

Certaines plantes, pour diverses raisons, sont considérées comme des « mauvaises herbes ». En conséquence, elles sont brûlées. Cette pratique est beaucoup plus perceptible dans la savane où il y a souvent des étendues immenses de feux sauvages, le plus souvent avec pour initiateurs des éleveurs de bovins, transhumants et en recherche de pâturages plus herbeux. Ces pratiques de brûlis censées fertiliser les terres arables se retrouvent aussi dans les petites exploitations. Il y a quelques années, on pouvait facilement le constater dans le mois de mai ou juin (lors de défrichage en prélude des semis) dans plusieurs champs. Ces pratiques de brulis ont pour conséquence, la destruction d’une immense quantité de matières organiques et aussi des microorganismes du sol. Aujourd’hui, fort des expériences accumulées et échangées, les brûlis tendent à se localiser dans les parcelles quand ils ont encore cours, ou alors même sont progressivement remplacés par le compostage.

Moussa OUÉDRAOGO estime que les bonnes pratiques agricoles sont à promouvoir

Quelques associations de femmes rurales, encadrées par des ONG ou diverses initiatives, ont adopté progressivement dans la région de l’Est, la pratique du compostage. Dans ce cadre, l’utilisation de certaines autres plantes a été recommandée pour faciliter la décomposition d’une part et les paramètres fertilisants les composts d’autre part. C’est le cas des plantes légumineuses, locales ou importées. C’est une bonne nouvelle pour les populations qui n’ont pas forcément les moyens financiers et techniques nécessaires pour bénéficier des outils modernes dans les exploitations familiales.

Les pratiques ancestrales mais durables qui conservent la vie du sol conservent aussi les moyens de subsistance pour les familles. Elles assurent également la préservation des propriétés des sols pour les générations qui viennent. C’est là aussi un acte charitable pour la génération future. Au-delà, c’est une armure écologique contre la désertification qui menace dangereusement le pays des hommes intègres.

Tûwênd-Nooma Jean Damase ROAMBA, Observateur Civitac, région de l’Est

     

 

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