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A la découverte d’un producteur de banane à Dédougou

Le 15 juillet 2021, à Badala, un village situé à 12 kilomètres de Dédougou, nous avons rencontré Valentin KINDA, producteur et propriétaire de plantation de banane. Nous embouchons le chemin de ses plantations sur sa moto car la zone est impraticable en cette saison hivernale. Après avoir dépassé plusieurs plantations de banane sur quelques kilomètres parcourus, nous apercevons une dame à côté d’une plantation, la trentaine environ, adossée sur une chaise, allaitant un enfant et à côté d’elle une fillette d’environ 4 ans.

Nous sommes dans la plantation de Valentin KINDA. Il vit avec sa femme et deux de leurs 6 enfants. « J’ai 6 enfants au total, mais deux sont avec moi ici, le reste est chez grand-mère pour faire l’école là-bas. » Après les salutations d’usage, il nous fait visiter sa plantation de 4 hectares, située à 100 mètres du fleuve Mouhoun, et c’est le fleuve qui permet d’arroser directement la plantation. Il est à Dédougou depuis 2001. « Je suis venu travailler en tant qu’employé dans les plantations et je touchais 7 500 F CFA par mois, j’ai économisé pour pouvoir payer un bœuf. J’ai eu ma première plantation il y a de cela 4 ans. »

Aperçu de la plantation de bananes.

M. KINDA a grandi dans un environnement où les gens pratiquaient le maraîchage (haricot vert, pomme de terre, oignon, etc.) ; il l’a appris aux côtés de son père qui exerçait déjà l’activité. Pour la plantation des bananes, c’est ici, à Dédougou, qu’il est venu apprendre, et par la persévérance et la soif de réussir, actuellement il a 3 plantations respectivement de 2, 3 et 4 hectares chacune et emploie plus d’une soixantaine de personnes.

Dans les 4 hectares, il y cultive les bananes, les papayes et le maïs. « Lorsque je plante des bananes, il faut attendre 6 mois pour commencer à récolter et pouvoir payer les dettes et les ouvriers, et attendre 6 autres mois pour récupérer les bénéfices. Les années précédentes, je n’arrivais pas à savoir correctement ce que je gagne dans la plantation, mais l’année 2020 par exemple, j’ai estimé que ce que j’ai gagné, malgré l’inondation que j’ai subie, était à environ 12 000 000 F CFA ».

M. OUÉDRAOGO, un visiteur, aux côtés d’un régime de banane.

Aucun de mes employés ne dort ailleurs, c’est moi qui les héberge, les nourris et les soigne durant la durée du contrat. C’est pour cela que j’ai bien construit et équipé ma maison pour eux. Lorsque je recrute un employé, je le forme moi-même selon ce que j’ai appris de mon parcours et selon ce que je veux. »

Les difficultés rencontrées et les besoins
Valentin KINDA est confronté aux inondations : « Avant, il y a de cela 10 ans, on n’enregistrait pas des inondations, mais depuis quelques années on assiste aux inondations de nos champs. L’année passée j’ai perdu presque la moitié de mon champ à cause de cela. » Il accuse l’utilisation des pesticides : « Je pense que c’est dû à l’utilisation des pesticides, qui endommagent le sol, ce qui ne lui permet plus d’absorber l’eau. Moi personnellement je n’utilise pas les pesticides dans mon champ, tout est bio ici. »

En effet, lorsqu’on utilise les pesticides, ils tuent les vers de terre qui permettent, grâce à leurs actions de perforation, l’infiltration de l’eau dans le sol, et donc d’atténuer le risque d’inondation. La terre devient compacte.

« Je n’ai pas assuré mes champs parce que tu peux assurer ton champ, tu payes ton argent et lorsqu’il y a inondation, l’assurance vous dit que ce que vous avez assuré ne tient pas compte des inondations. Ce que j’ai assuré ce sont les équipements de ma maison en assurance incendie. »

« Ce dont nous avons besoin comme appui, c’est avoir des machines et tuyaux pour pouvoir faire l’arrosage de la plantation et de l’engrais bio. En effet, tout ce que vous voyez ici, que ce soient le maïs, les papayes, les bananes, etc., ils sont arrosés car je ne dépends pas de la pluie. »

« Pour la vente de mes produits, il y a des clients, à savoir les revendeurs en gros et en détail, qui viennent de partout (Dédougou, Ouagadougou, Ouahigouya, Tougan, Nouna, Bobo-Dioulasso à Djibasso et ailleurs) pour payer. »

Il invite les jeunes à persévérer dans tout ce qu’ils font ou feront et y croire.

Céline SÉOGO, Observatrice Civitac, Ouagadougou

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