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Piéla : un couvre-feu qui s’éternise

Le couvre-feu est entré en vigueur pour la première fois dans la région de l’Est du Burkina en 2019, et a couvert la période du 7 mars au 20 avril de 19h à 6h. Cette région est en proie à des attaques terroristes qui ont causé des déplacements de populations, et de nombreux massacres d’Hommes. Ce couvre-feu a été prorogé plusieurs fois et a subi des modifications en ce qui concerne ses horaires.

En cette matinée du 2 septembre 2021 où dame nature nous a fait grâce d’une pluie légère et bienfaitrice, nous arpentons les artères de la ville de Piéla afin de recueillir les propos de ces braves habitants, sur le couvre-feu instauré depuis belle lurette dans cette région de l’Est. Assis sous un nimier avec des cheveux un peu grisonnants et là cinquantaine bien sonnée, le vieux Hamidou BOURGOU se prélasse tout calmement dans son coin. Interrogé sur ce qu’il pense du couvre-feu, il nous affirme être tout à fait d’accord avec la décision du gouvernement de maintenir le couvre-feu car c’est pour le bien de tous. « Cette décision de ne pas lever le couvre-feu tout de suite permet de contrecarrer les attaques terroristes ou d’empêcher les terroristes de se déplacer tranquillement dans la ville comme si elle est leur propriété. Chacun de nous doit respecter ce couvre-feu afin que la sécurité revienne dans notre belle commune » darde-t-il tout joyeux.

A quelques encablures de la maison de la commune, nous faisions la rencontre de Cheick NATAMA âgé de vingt-huit ans qui dit ne plus pouvoir supporter cette situation « avant je pouvais rester jusqu’à 2h du matin dehors avec mes amis. Mais maintenant c’est plus le cas. C’est vrai ; c’est pour notre bien, mais c’est devenu difficile. Ça a trop duré cette affaire-là. Moi-même quand je rentre, je ne sais pas quoi faire » s’explique-t-il avec un ton colérique. Abondant dans le même sens que NATAMA, Alexandre TRAORÉ natif de cette ville se plaint en ces termes : « on est tous obligé de rentrer à partir de 21h40 car le couvre-feu a lieu à 22h00. A 21h il y a plus à manger dehors. Si tu n’as pas une femme qui va préparer pour toi, tu dormirais avec ta faim ».

Le Vieux Hamidou BOURGOU

Tout en allongeant la RN18 en direction du marché central, nous croisons Ali COMBARRY un cinquangénaire, qui nous confie que le couvre-feu est un acte louable de la part des autorités. « C’est juste pour nous protéger des terroristes et non pour nous priver de notre liberté. Ce sont les jeunes qui souffrent car ils ne sont pas habitués à rentrer tôt. Mais nous par contre cela ne nous dit rien. A partir de 21h30 mon portail est fermé le retardataire dort d’où il revient ».

Ali COMBARRY

Si pour le vieux COMBARRY cela ne dérange pas, ce n’est pas le cas de Aïcha NATAMA une restauratrice de cette ville de Piéla. Elle dit être obligée de fermer son restaurant à partir de 21h alors qu’elle ne le fermait qu’à 00h bien avant le couvre-feu. Cette décision du gouvernement a considérablement baissé son chiffre d’affaire. « les jeunes aimaient venir manger vers 21h et ils pouvaient rester là jusqu’à minuit. En ce temps mon resto tournait bien et je gagnais beaucoup plus d’argent. Mais depuis que le couvre-feu est là, mon activité marche au ralenti. »

Landry NIKIÈMA, Observateur Civitac, Bogandé.

     

 

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