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Djibo : le maire de la commune se prononce sur la vie de la collectivité meurtrie par l’insécurité

Des moments extrêmement difficiles, la ville de Djibo en a vécu à cause de l’insécurité, avec sans doute cette impression d’être abandonnée à son propre sort. Aujourd’hui, l’on y constate une certaine accalmie. Et les citoyens tentent de renouer avec leur vie d’antan. En séjour dans cette ville au mois d’août 2021, nous avons saisi l’occasion pour nous entretenir avec le maire de la commune, Issa Idrissa DICKO, sur des questions relatives à la vie de la collectivité dont il tient les rênes. Bien qu’absent pour des raisons de calendrier, le bourgmestre de la cité du Djelgodji a accepté volontiers de répondre à nos questions que nous lui avons envoyées.

Il y a près de deux ans que vous avez été porté à la tête du Conseil municipal de Djibo, qu’est-ce que ça vous fait d’être le premier responsable d’une commune aussi meurtrie par la situation d’insécurité ?
Effectivement, cela fait 20 mois que je suis à la tête du conseil municipal de Djibo, une commune fortement touchée par la situation d’insécurité avec l’assassinat de mon prédécesseur (paix à son âme). C’est un sentiment de grande responsabilité car la gestion de ce type de commune doit allier la gestion classique d’une commune à la gestion des aspects liés à la crise sécuritaire (participation à la gestion des déplacés internes). Il faut noter que la commune de Djibo accueille le plus grand nombre de déplacés internes et elle est la seule commune fonctionnelle de la province du Soum avec un maire résident.

La résilience des populations, c’était votre souhait lorsque vous avez été choisi pour être premier magistrat de cette ville. Quelles sont les actions qui ont été entreprises par le conseil municipal dans ce sens ?
Le plaidoyer auprès des autorités et des ONG afin que les communautés disposent des services sociaux de base (santé, éducation…) ; la sensibilisation des communautés pour le vivre-ensemble (cohésion sociale).

Des messages de paix que l’on retrouve dans plusieurs quartiers de la ville de Djibo.

En cette période de crise où les besoins des populations ont sans doute accru, que représentent véritablement les ressources transférées par l’Etat pour la commune de Djibo ?
Ces ressources sont non seulement insignifiantes, mais le comble, c’est qu’elles parviennent en retard.

A côté de cette aide de l’Etat, il y a les ressources propres à chaque commune. Comment sont-elles mobilisées au niveau de Djibo ?
Elles sont mobilisées par les canaux habituels (prestations, collecte au niveau des marchés à bétail et central, location des infrastructures socio-économiques). Cependant, il faut noter que du fait de l’insécurité et de l’incivisme de certains commerçants, les collecteurs ne parviennent plus à faire convenablement leur tâche, et lorsqu’elle est faite, c’est uniquement dans Djibo centre.

Djibo abrite l’un des plus importants marchés à bétail du Burkina, sinon le plus important, donc un véritable pourvoyeur de recettes pour la commune. Aujourd’hui, avec l’insécurité, quel constat peut-on faire à ce niveau ?
L’insécurité a beaucoup impacté négativement le marché à bétail. Le nombre de têtes vendues hebdomadairement a fortement baissé. Les zones pourvoyeuses d’animaux étant aussi touchées par le phénomène de l’insécurité, le marché ne reçoit plus d’animaux provenant des marchés de la province du Soum, de la région du Sahel, mais aussi du Mali (marché de Boulikessi).

Un marché à bétail qui reprend timidement vie.

Qui dit développement local dit aussi participation citoyenne. Quelle est la stratégie du conseil municipal pour favoriser l’implication des citoyens dans la vie de la commune ?
Le partage d’informations, le partage des délibérations du conseil municipal et la sensibilisation.

A cause de l’insécurité, l’on a assisté à une sorte d’abandon de Djibo par certains services de l’Etat. Qu’en est-il des partenaires privés de la commune ?
Les partenaires privés, notamment les associations et les ONG, ont une part très importante dans la résilience des communautés. N’eurent été leurs appuis, Djibo risquerait de « sombrer », car il n’y avait pratiquement plus de services de l’Etat à Djibo (seulement la santé, l’éducation…)

Aujourd’hui on assiste à une certaine accalmie. Comment vivez-vous cette situation ?
Les populations de la commune et moi vivons cela avec satisfaction même si des inquiétudes subsistent, car des hommes armés font par moments des apparitions dans les environs de la commune.

Selon vous, comment est-on parvenu au retour de cette « paix » que l’on espère durable ? Et quel rôle le conseil municipal a pu y jouer ?
Sincèrement, je ne sais pas. Cependant le conseil municipal a toujours prôné la paix à travers des actions de sensibilisation.

Quel est votre plus grand souhait aujourd’hui ?
Que la paix revienne dans la commune de Djibo, et partant au Burkina. Avec la paix, la commune pourra faire davantage d’investissements et améliorer la qualité des services publics.

Si vous avez un message, à qui l’adresseriez-vous ?
Au chef de l’Etat et aux communautés. Qu’ils ménagent plus d’efforts pour le retour définitif de la paix et cela passe forcément par la reprise du bitumage de la route Kongoussi-Djibo.

Romuald Windenonga OUÉDRAOGO, Correspondant, Sahel

     

 

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Les 20, 21 et 22 septembre 2021 à 09h à Manni.

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