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Célébration du Maouloud : Quel est son véritable sens ?

Le Maouloud, qui correspond à la naissance du prophète, est commémoré chaque année par les fidèles musulmans. A l’occasion de cette célébration qui s’est tenue dans la nuit du lundi 18 au 19 octobre 2021, nous avons promené notre micro dans quelques mosquées de Ouagadougou pour recueillir des propos de quelques fidèles musulmans sur le sens de cette célébration.

Civitac : Qu’est-ce que le Maouloud ?

Moussa ILBOUDO, Imam d’une mosquée située dans le quartier Samandin : Le Maouloud c’est la commémoration de la naissance du prophète Muhammed. C’est une célébration qui a lieu le 12 du mois « Rabi Al Awal », qui est vu comme le mois de la naissance du prophète. C’est une occasion pour les musulmans de se rappeler l’histoire du prophète, d’enseigner sa tradition, la sunna, et de se rassembler autour des grands idéaux de l’islam.

Pour Abdoul Aziz OUÉDRAOGO, fidèle musulman à la cité An 2 : Le Maouloud est le rappel du jour anniversaire de la naissance du Prophète Muhammed. C’est un grand événement pour nous musulmans, de parler de la vie du Prophète et d’informer ceux qui ne savent pas qui il était. Le passage sur terre du prophète nous réconforte énormément et il a laissé en notre possession beaucoup de choses qu’Allah a demandé de nous transmettre. La commémoration de cette naissance nous impose d’informer ceux qui ne connaissent pas la vie du Prophète, de leur inculquer les grandes vertus. Voilà ce qui nous pousse à cette commémoration.

Civitac : Quel est le sens du Maouloud ?

Moussa ILBOUDO, Imam, d’une mosquée située dans le quartier Samandin : Le sens pour nous, c’est un souvenir, parce que le prophète est le modèle identificatoire de tout musulman. Le musulman doit, dans son comportement de tous les jours, respecter ce que le prophète a dit, ce qu’il a fait. Le Maouloud pour nous, c’est une façon de louer Allah, du fait qu’il nous a donné un prophète et aussi du fait qu’il a envoyé l’islam comme dernière version de sa volonté sur la terre. C’est pour nous un moment de reconnaissance, de souvenir. Ce n’est pas une fête à proprement parler, parce que les fêtes en islam sont au nombre de deux : la fête de Ramadan et celle de Tabaski où il y a des célébrations particulières.

Civitac : Que doit-on faire pendant la nuit du Maouloud ?

Moussa ILBOUDO, Imam d’une mosquée située dans le quartier Samandin : Le Maouloud n’est pas une fête légiférée comme les deux autres que sont la Tabaski et le Ramadan. De ce point de vue, il n’y a pas un contenu défini où les gens doivent respecter des prescriptions. C’est à chaque communauté de s’organiser par des conférences, des prières, des séances de lecture du coran. On essaye de meubler la nuit par tout acte de bien que ça soit dans le sens spirituel ou social. Il y a des gens qui vont préparer à manger, comme d’autres vont rendre visite à leurs parents, où se retrouver à la mosquée pour la veillée.

Abdoul Aziz OUÉDRAOGO, fidèle musulman à la cité An 2  : Au cours de cette veillée, il y a des prêches qui sont faits sur la vie du prophète, des rappels sur les hadiths (tout ce qui est attribué au prophète comme parole, acte ou approbation), mais aussi des séances de zikhr, c’est-à-dire le fait de louer Allah. Mais le contenu est libre et c’est à chaque communauté de s’organiser.

Civitac : Que recommandez-vous aux fidèles musulmans ?

Moussa ILBOUDO, Imam d’une mosquée située dans le quartier Samandin : Nous recommandons aux fidèles musulmans de retrouver le sens de cet anniversaire. Quand ça arrive, qu’on s’éloigne des célébrations qui ressemblent à du folklore, mais qu’on se recentre sur ce qui est spirituel, ce qui nous rappelle vraiment Dieu, et notre lien avec les hommes. Ils doivent se rassembler autour des activités de prières, de coran et non pas se focaliser sur le côté festif. Il y a des gens qui peuvent rester chez eux pour lire la bibliographie du prophète ou se retrouver entre amis pour réviser le comportement du prophète, ce qu’il représente pour nous sur le plan pratique pour alimenter notre vie de tous les jours.

Civitac : Que comptez-vous faire pendant cette nuit pour que la paix règne au Burkina Faso ?

Moussa ILBOUDO, Imam d’une mosquée située dans le quartier Samandin : Cette année est une année où nous traversons une période de désespoir et de difficultés sécuritaires exceptionnelle dans notre pays. Nous appelons donc les frères musulmans dans les mosquées, à suivre les cours des cheiks. Maouloud y est célébré par des prières, des invocations pour eux-mêmes, pour la nation entière, mais aussi pour la sous-région et le monde entier. Parce que si on regarde la carte de notre sous-région, nous avons beaucoup de pays qui sont en difficulté où les musulmans vivent des situations difficiles avec les autres… C’est le moment de prier et de demander l’assistance de Dieu pour le bien vivre ensemble dans le pays.

Abdoul Aziz OUÉDRAOGO, fidèle musulman à la cité An 2 : A la veille de cette fête, nous organisons des veillées qui consistent en la lecture du Coran et des hadiths qui reflètent le chemin de la prière ; en un mot, ce qu’Allah et ses prophètes ont arrêté pour la bonne marche de l’Islam. C’est l’occasion des grandes révélations pour éclairer les différents fidèles sur la religion. Chez nous en Afrique, depuis longtemps, on était sous-informé des préceptes pour mieux comprendre l’Islam et, maintenant, c’est le lieu propice pour porter la parole au grand nombre de fidèles et de prier pour la paix et la cohésion sociale dans notre pays.

Civitac : On constate que cette fête n’est pas célébrée comme la Tabaski et le Ramadan avec la même ferveur ; qu’est-ce qui explique cela ?

Moussa ILBOUDO, Imam d’une mosquée située dans le quartier Samandin : La célébration des fêtes de Tabaski et de Ramadan est obligatoire pour tout musulman et un refus constitue une désobéissance à Allah. Pour le Maouloud, nous ne sommes pas obligés de le célébrer avec faste. C’est pour rendre grâce à Dieu et un hommage mérité au Prophète Muhammed que nous commémorons la date anniversaire de sa naissance, sans contrainte.

Civitac : Quels sont vos rapports avec les autres fidèles musulmans ?

Moussa ILBOUDO, Imam d’une mosquée située dans le quartier Samandin : De très bons rapports existent entre nous et les autres fidèles musulmans, et réellement nous nous considérons comme des frères d’une même famille. Allah a dit de nous aimer les uns les autres. Nous menons une vie paisible, celle de la religion musulmane. Il existe un respect mutuel entre les différents fidèles et j’en suis très réconforté. Je profite de cette occasion pour demander qu’Allah continue de nous guider, que les foyers de guerre s’éteignent à jamais, que ceux qui n’ont pas à manger puissent en avoir assez. Que toutes les maladies soient vaincues. J’invite les fidèles à persévérer dans la prière. Que le Seigneur exauce nos prières et allège nos souffrances.

Propos recueillis par Céline SÉOGO, Observatrice Civitac, Ouagadougou

     

 

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