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Dans un panel à Fada N’Gourma, l’Association pour la promotion du Gulmu guerroie contre les injustices de genre en contexte d’insécurité

La situation sécuritaire difficile au pays des hommes intègres a accentué les violences basées sur le genre (VBG). L’APDG a organisé, le mardi 30 novembre 2021, un panel pour tirer la sonnette d’alarme. Les échanges ont permis de discuter des violences basées sur le genre en contexte sécuritaire, de l’impact de l’insécurité sur l’autonomisation économique de la femme, mais également des modes et stratégies de résilience des populations face à l’insécurité. Le panel, en convoquant de nombreux exemples à travers trois communications, a mis en évidence ce que la difficile donne sécuritaire a de mortifère pour la condition de la femme, ponctuant qu’il est impératif d’en prendre conscience et d’agir à les réduire.

Jamais les injustices de genre n’ont été aussi visibles et vivaces. C’est le premier enseignement du panel sur le genre en situation d’insécurité organisé par l’APDG avec le soutien du Fonds commun Genre. A l’Est, accablées par un déferlement continu des attaques avec son lot de déplacements massifs dus à la dégradation de la situation sécuritaire, les femmes ont vu leurs vulnérabilités s’accentuer. A la date du 30 septembre 2021, le terrorisme a occasionné dans le pays 1 407 685 déplacées internes dont 61,13% d’enfants, 22,54% de femmes et 16,33% d’hommes. Les femmes sont les plus affectées par ces déplacements non parce qu’elles sont les plus ciblées mais parce qu’elles se retrouvent pour la plupart du temps seules avec de nombreux enfants à la charge. Pour crever l’abcès et poser le débat, « […] nous avons constaté qu’il était nécessaire d’interroger le genre dans le contexte de l’insécurité de la région », d’où la tenue de ce panel qui se veut une « tribune de réflexion pour la prise en compte du genre en contexte d’insécurité », confesse Boureima Cyrille OUOBA, président de l’APDG, une association qui intervient dans la région de l’Est sur la problématique de la promotion des droits des femmes et de la lutte contre les violences basées sur le genre. Selon lui, bien avant le début de l’insécurité, la région de l’Est faisait déjà face à des difficultés énormes en matière de promotion des droits des femmes. « C’est une préoccupation majeure. Avant la situation [actuelle], face à des dénonciations de cas de mariage d’enfants, de rapt de filles, de mutilations génitales féminines, on se referait aux forces de défense et de sécurité qui nous aidait à interpeller les auteurs. Mais aujourd’hui, à quelques kilomètres de Fada si nous sommes face à ce genre de situation, nous ne pouvons pas amener les FDS pour cause de l’insécurité. », s’inquiète-t-il. Et d’ajouter que cette donne fragilise l’intervention et permet à certaines populations de faire perdurer ces pratiques traditionnelles préjudiciables.

Boureima Cyrille OUOBA, le Président de l’APDG estime qu’il faut jumeler les approches pour faire face à la crise actuelle. Avec son organisation, il développe l’approche dialogue en famille par le biais duquel certains problèmes sont discutés et résolus

Prononçant le mot d’ouverture du panel au nom du Gouverneur, le Secrétaire général de la région Amidou SORÉ a lui aussi indiqué que cette situation « interpelle sur la nécessité à multiplier des actions de promotion du genre [pour] l’abandon de stéréotypes et préjugés sociaux sur la femme et la lutte contre les diverses violences dont elles sont victimes et qui ne nous honorent pas. » Le premier de responsable régional a, en outre, appelé à des actions inclusives tenant compte du genre, à multiplier les interventions dans ce sens, à combiner les stratégies à travers une coordination efficiente afin de contribuer au bien-être des populations et soulager leurs souffrances.
Le Secrétaire général de la région a tenu également à rappeler qu’il était primordial de renforcer et d’augmenter l’assistance humanitaire immédiate des populations, de s’attaquer aux sources de vulnérabilités en priorisant la réduction des risques de catastrophes et la prévention.

Le Présidium de la cérémonie d’ouverture. De gauche à droite le Président de l’APDG, le Haut-commissaire du Gourma, le Secrétaire général de la région, le préfet du département de Fada N’Gourma et la représentante des PTF

Les communications délivrées par le préfet de Fada N’Gourma, Boukari SANA et par Issa DOUSSA, le chef du service femme et genre à la Direction régionale de femme de l’Est, ont chacun exploré sous un angle particulier, les questions relatives de l’état des lieux des VBG, de l’impact de l’insécurité sur la situation économique des femmes et des stratégies de résilience des populations. Autant de préoccupations qui ont été examinées sous le prisme de la situation sécuritaire.

A l’issue des échanges, une importante moisson de contributions et de recommandations ont été faites. Il s’agit notamment d’accentuer la sensibilisation au niveau des femmes pour qu’elles aient confiance en elle ; revoir l’éducation des enfants au niveau de la cellule familiale pour casser les stéréotypes de genre depuis la base ; de travailler davantage de concert avec les autres acteurs à alléger la scolarité des PDI et de maximiser les sensibilisations sur la loi 061 portant répression des violences basées sur le genre au Burkina Faso.

Pour mémoire, cette activité se tient en marge de la « campagne orange le monde ». C’est une campagne de 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, un évènement international annuel qui dure entre la date de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes (25 novembre) et la date de la journée des droits humains (10 décembre). Selon Maria KANTIONO de l’UNFPA, modérateur du panel et dont l’organisation est membre du Fonds commun genre, partenaire financier de l’activité, « il n’est jamais de trop d’échanger sur la situation de la femme, car son bien-être nous touche. » Elle a invité les participants à porter un habit orange au moins une fois pendant les 16 jours pour soutenir la cause et dire définitivement non au VBG dans la région de l’Est et au Burkina Faso.

Tûwênd Nooma Jean Damase ROAMBA, Observateur Civitac, Fada N’Gourma.

     

 

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