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Gourma : l’Observatoire provincial de prévention et de gestion des conflits communautaires plaide pour un plus grand accompagnement de ses organes et une meilleure synergie entre les acteurs

L’Observatoire provincial de prévention et de gestion des conflits communautaires (OPPREGECC) du Gourma a organisé, ce 9 décembre 2021, sa session statutaire de l’année 2021. La session, dont la tenue a bénéficié de l’accompagnement de la Coopération suisse à travers le Programme DEPAC-2, a apprécié l’état de la prévention et de la gestion des conflits dans la province. Sous la houlette de Adama Jean Yves BÉRÉ, haut-commissaire du Gourma et président de l’OPPREGECC/Gourma, le cadre a aussi réfléchi à la contribution des membres de l’ONAPREGECC pour une situation sécuritaire apaisée dans la province et a insisté sur un meilleur accompagnement des observatoires pour leur permettre de jouer leur rôle.

Structure d’alerte et de veille portée sur les fonts baptismaux en 2016, l’Observatoire provincial de prévention et de gestion des conflits communautaires (OPPREGECC) du Gourma est chargé de prévenir et d’assurer la gestion intégrée des conflits communautaires dans la province. C’est dans cette optique qu’elle a convoqué sa session ordinaire pour faire le point et analyser les données sur les conflits communautaires collectées et traitées au cours de l’année 2021. Le conclave réunit une vingtaine de personnes issues des structures statutaires composant le cadre. « Nous tenons cette activité-là assez tardivement en décembre, parce que nous avons un problème de mobilisation des ressources pour tenir la session. » explique Adama Jean Yves BÉRÉ. Qu’à cela ne tienne, continue-t-il, au-delà de la session qui s’est tenue aujourd’hui, le haut-commissaire - président de l’OPPREGECC - ainsi que les préfets des départements - présidents des Observatoires départementaux de prévention et de gestion des conflits - travaillent quotidiennement dans la prévention et la résolution des conflits qui leur sont rapportés par les parties prenantes ou toute personne qui a connaissance de ces conflits. « Nous devons donc reconnaître qu’il y a un problème de fonctionnement de ces organes, parce que le financement des activités, qui requiert des ressources, n’est pas toujours un acquis », a-t-il déploré.

Adama Jean Yves BERÉ appelle à un accompagnement soutenu des Observatoires pour les rendre opérationnels et à l’avant-garde de la lutte contre le terrorisme.

En effet, l’arrêté instituant la mise en place de l’OPPREGECC stipule que les activités de l’Observatoire provincial du Gourma devraient être financées par les ressources provenant du budget de l’Etat, des collectivités territoriales, des contributions des partenaires au développement, des dons et de legs. Mais la réalité est tout autre : le fonctionnement de l’observatoire est limité par une absence criante de ressources pour son fonctionnement. « L’appel que je voudrais lancer aux partenaires, à l’Etat lui-même et aux collectivités, c’est de mettre la main à la pâte pour que les sessions de prévention et de gestion des conflits puissent se tenir », intercède sans détour Adama Jean Yves BÉRÉ. Et ce dans la perspective de permettre d’évaluer périodiquement la situation des conflits communautaires dans sa province, de déclencher l’alerte précoce en cas de risque de conflits communautaires, d’initier des actions préventives pour anticiper sur les conflits et contribuer ainsi à la résolution de ceux-ci en fournissant aux structures techniques et à tout autre acteur les éléments de compréhension et d’orientation relatifs à la problématique.

Le fonctionnement de l’OPPREGECC du Gourma
Dans ses interventions, Adama Jean Yves BÉRÉ a également expliqué que l’observatoire provincial du Gourma reçoit les décisions et les orientations de l’observatoire régional (OREPREGECC) qu’il répercute successivement aux observatoires départementaux/communaux, villageois ou sectoriels. A l’inverse, dit-il, toutes les informations relatives aux situations conflictuelles sont recueillies à la base par les observatoires villageois ou sectoriels et sont transmises à l’observatoire régional par l’intermédiaire des observatoires départementaux et de l’Observatoire provincial du Gourma. Ce dernier peut s’autosaisir de tout conflit communautaire ouvert ou de toute situation susceptible de déboucher sur le conflit communautaire dans son ressort. A en croire le premier responsable de OPPREGECC, l’Observatoire provincial du Gourma peut également être saisi par toute personne ou par toute structure qui aurait connaissance d’une situation de conflit communautaire ou de risque de conflit communautaire.

Une vue partielle des participants.

En 2021, 29 conflits ont été répertoriés et pris en charge par l’OPPREGECC du Gourma. Dix-sept étaient liés au foncier, 8 à la chefferie coutumière, 2 entre agriculteurs-éleveurs, 1 de type sociopolitique et 1 conflit lié à une accusation de sorcellerie. La grande majorité a trouvé des solutions grâce à l’intervention de acteurs tant à l’échelon provincial que départemental.

État du fonctionnement des observatoires départementaux et villageois de la province du Gourma
Au nombre de 6, les Observatoires départementaux (ODPREGECC) de la province sont tous mis en place. L’ODEPREGECC de Fada N’Gourma est le plus opérationnel. Il a tenu ses sessions statutaires aussi bien en 2019 qu’en 2020. Trente-quatre observatoires villageois y sont mis en place par arrêté sur l’ensemble de ses 34 villages, dont 5 OVPREGECC installés en 2021 et 4 OVPREGECC d’entre eux ont tenu une session en 2021 et leur assemblée générale villageoise de sensibilisation. A Diabo, l’ODPREGECC a également tenu ses sessions en 2019 et en 2020. Soixante-quatre observatoires villageois sur les 64 villages que compose la commune sont mis en place, dont 6 OVPREGECC sont effectivement installés en 2021. A Matiacoali, l’ODPREGECC connaît 5 observatoires villageois mis en place. L’ODPREGECC de Yamba organise, quant à lui, chaque année en début de saison pluvieuse une séance de sensibilisation des agriculteurs et éleveurs. Trois observatoires villageois y sont mis en place. Dans les départements de Diapangou et Tibga, seuls les ODPREGECC ont été mis en place en 2018. Pour pallier la non-effectivité de ses observatoires ou les difficultés de fonctionnement qui sont légion, Règma KABORÉ, secrétaire de l’OPPREGECC et directeur régional des Droits humains et de la Promotion civique de l’Est, appelle à une meilleure appropriation des observatoires par tous les acteurs. Une action, espère-t-il, qui permettra non seulement de fédérer les efforts des différents acteurs de prévention ou de gestion des conflits communautaires pour optimiser la mobilisation des ressources financières mais aussi d’éviter la multiplication des structures. C’est pourquoi il pense qu’une cartographie des projets et programmes intervenant dans le domaine de prévention des conflits, d’une part, et l’adoption et la mise en œuvre d’un plan de travail annuel, d’autre part, sont des mesures à même de faire progresser la cause.

Barrer la route au collapse en opérationnalisant les observatoires
La session a aussi inscrit la nécessité de doter les observatoires de moyens adéquats afin de leur permettre de remplir pleinement leur rôle et barrer la route au péril terroriste. « Nous sommes dans un contexte d’insécurité qui fait que les conflits [communautaires] que nous connaissons peuvent avoir des développements qui vont nous conduire vers des situations intenables. Il ne faut pas que les conflits que nous connaissons dans les villes, les départements et la province soient une porte d’entrée pour des personnes malveillantes qui vont utiliser ce canal pour semer des activités terroristes dans la province », rappelle Adama Jean Yves BÉRÉ, qui appelle à anticiper ces crises en raffermissant les observatoires, en relevant les multiples difficultés de fonctionnement qui les assaillent.

De la gauche vers la droite, Règma KABORÉ, directeur régional des Droits humains et de la Promotion de l’Est, Adama Jean Yves BÉRÉ, haut-commissaire du Gourma, et Henri YANOGO du Laboratoire Citoyennetés.

Des difficultés qui s’expliquent entre autres par l’absence de ressources matérielles et financières pour le fonctionnement des observatoires à tous les niveaux, l’absence de sessions de renforcement des capacités collectives, la non-mise en place des observatoires dans la majorité des villages de la province, la non-installation de certains observatoires villageois créés, l’absence de visibilité des observatoires, le manque de moyens matériels financiers pour la collecte et le traitement des données, la non-tenue des sessions dans plusieurs observatoires, etc. Pourtant, estime Règma KABORÉ, les observatoires peuvent et doivent contribuer à l’apaisement de la situation sécuritaire dans la région à travers « la prévention et la gestion des conflits communautaires », la « prévention de l’extrémisme violent » et, enfin, la « lutte contre la stigmatisation », principale cause des conflits interethniques.

La Coopération suisse à l’avant-garde aux côtés des acteurs
Henri YANOGO, chargé de programme au Laboratoire Citoyennetés (LC), a évoqué la contribution du programme DEPAC-2 dans l’alerte et le suivi des conflits locaux. Il a présenté la démarche d’observation des conflits, une initiative développée par sa structure en étroite collaboration avec l’Observatoire national de prévention et de gestion des conflits communautaires (ONAPREGECC) dans 30 collectivités territoriales (CT) du Burkina Faso dans le cadre du programme DEPAC-2, pour améliorer l’alerte précoce des conflits.

Dans la région de l’Est, ce travail d’observation des conflits s’appuie sur des organisations de la société civile, comme l’Association pour la promotion et le développement du Gulmu (APDG). Celle-ci œuvre en synergie avec les acteurs locaux pour observer les conflits liés notamment aux conflits agriculteurs-éleveurs, au foncier, à la gouvernance, aux services sociaux de base et à la gestion des ressources naturelles. Selon Raoul LOUARI, Observateur de conflits de l’APDG à Fada N’Gourma, les observateurs recensent les cas de conflits latents ou ouverts depuis la base via l’outil Kobo-Collect et les font remonter d’abord à l’échelle communale/départementale, ensuite provinciale, puis au niveau régional où ils sont tour à tour validés par le coordonnateur de l’APDG.

Raoul LOUARI de l’APDG a fait une démonstration de leur démarche d’observation des conflits sur le terrain.

Ces informations collectées et consolidées des 30 CT sont partagées en temps réel avec l’autorité et disponibilisées sur la plateforme Civitac, renchérit Henri YANOGO. « L’objectif ultime [de l’outil] est d’alerter l’autorité et les communautés sur les cas de conflits et contribuer à construire et prévenir la paix […] car la paix est la locomotive du développement », se justifie-t-il. Dans cette dynamique, la Coopération suisse, à travers le Programme DEPAC-2, et son mandataire le Laboratoire Citoyennetés mettent un point d’honneur à appuyer des CT ayant pris des initiatives pour résoudre des conflits. C’est le cas par exemple du Collège de dialogue et de médiation (CDM) à Fada et à Tangaye, véritables cas d’école. « La mise en place et l’effectivité des observatoires est une nécessité pour notre pays », martèle Règma KABORÉ. Il fait remarquer que le fonctionnement effectif de ces structures permettra de prévenir les conflits communautaires et, à défaut, de contribuer à la gestion pacifique des conflits ouverts et à l’amélioration de la situation sécuritaire.

Tûwênd Nooma Jean Damase ROAMBA, Observateur Civitac, Fada N’Gourma

     

 

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