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Diapangou : les acteurs locaux outillés pour promouvoir la bonne gouvernance du service public de l’eau potable en milieu rural

Accompagner la vulgarisation et la mise en œuvre de la nouvelle stratégie afin de mieux promouvoir la bonne gouvernance du service public de l’eau potable dans la bourgade. Voilà l’objectif de l’atelier de formation qui s’est tenu les 8, 9 et 10 décembre 2021 dans la mairie de Diapangou.

Cette activité, initiée par le Laboratoire Citoyennetés dans le cadre du Programme DEPAC-2 financé par la Coopération suisse, a permis aux acteurs locaux et notamment les membres des Associations d’usagers d’eau (AUE) d’être formés sur les règles et mécanismes de gestion des points d’eau selon la nouvelle stratégie de gestion du service public d’eau potable en milieu rural et d’élaborer un plan d’action pour optimiser le bon fonctionnement des structures de proximité que sont les AUE pour qu’elles puissent jouer leur rôle dans la mise en œuvre du « document cadre de stratégie de gestion du service public d’eau potable en milieu rural ».

Les participants sont venus des différents villages de la commune.

L’initiative de cette série d’ateliers de formation sur la gestion du service public de l’eau s’inscrit dans une approche d’appui-conseil technique aux AUE pour le renforcement d’une gestion efficiente et durable des ouvrages hydrauliques (PMH, AEPS ET PEA) au profit des collectivités territoriales pilotes partenaires de DEPAC-2. Après les communes de Lèba, Poa et Koudougou en novembre, c’est au tour de celle de Diapangou de se pencher sur la problématique. Selon Casimir LOMPO, sociologue environnementaliste qui assure la formation avec Edmond KABORÉ, ils ont échangé pendant les trois jours avec les participants sur l’état de la mise en œuvre de la réforme dans la région de l’Est avec un focus sur la commune de Diapangou. Il s’est agi de tirer les enseignements et les points faibles de la mise en œuvre de la réforme.

Un tableau pas très reluisant
Il est ressorti, à travers les communications, que l’ensemble des AUE de la commune de Diapangou est vétuste, c’est-à-dire qu’il y a très longtemps que ces AUE ont été mises en place et n’ont pas été renouvelées, depuis 2009 pour les plus anciennes et autour de 2013 pour les plus récentes. Il est également ressorti l’insuffisance d’engagement de la part de la municipalité en ce qui concerne les signatures des conventions tripartites de délégation de gestion des ouvrages hydrauliques. Il a également été fait cas des dysfonctionnements constatés dans l’organisation et la structuration des AUE. « En règle générale, les instances de délibération que sont par exemple l’Assemblée générale se tiennent très rarement, le bureau exécutif fonctionne très peu, les membres du bureau exécutif ne se connaissent pas. Bref, il y a vraiment un gros dysfonctionnement », regrette Casimir LOMPO.

Casimir LOMPO a exhorté la collectivité à jouer sa partition dans la signature des conventions tripartites avec les AUE.

Ainsi, l’objectif visé était donc de promouvoir la vulgarisation du document-cadre et permettre aux AUE des 31 villages de la commune de Diapangou de jouer pleinement leurs rôles pour assurer la continuité du service public en matière d’eau potable. C’est pourquoi il a été déroulé les différents modules, qui ont dégagé et présenté les enjeux et les défis à relever notamment en matière de planification et de réalisation des ouvrages hydrauliques. Ils ont également échangé sur les ouvrages hydrauliques susceptibles de procurer de l’eau potable, sur la qualité de l’eau potable, la gestion déléguée des ouvrages hydrauliques, les modes de gestion appropriée en matière d’AEPS et d’approvisionnement en eau potable multi-villages. Un accent particulier a été mis sur le diagnostic, ce qui a permis de dégager un certain nombre de dysfonctionnements liés à la composition et à la structuration des AUE, à travers la mise en place même des AUE qui constitue un gros problème. « Cela n’a pas facilité la légitimité de ces structures, qui, il faut le souligner, ont tous un récépissé totalement expiré, ne répondant pas à la nouvelle règlementation en vigueur », réitère Casimir LOMPO. Pour inverser la tendance, les problèmes ont été identifiés, des propositions de solution en termes d’actions ont aussi été énumérées. « Il appartient dorénavant à la mairie, au service technique déconcentré et à ces AUE de mettre en œuvre les actions identifiées […] toute chose qui va participer à mieux réglementer et assurer la continuité du service public », espère Casimir LOMPO.

Edmond KABORÉ, le co-formateur, se dit satisfait du déroulement et des acquis de l’atelier.

L’animation de l’atelier qui a réuni 38 personnes issues des 31 villages s’est faite en langue gulmancéma et en mooré « pour permettre aux participants de s’impliquer et de s’approprier le plan d’action qui a été réalisé », à en croire les formateurs.

Recommandations
L’une des recommandations très fortes qui a été dégagée, c’est la nécessité de prévoir un appui-accompagnement de proximité auprès de ces villages afin de pouvoir implémenter tout ce qui a été donné, tout ce qui a été produit comme plan d’action et pouvoir par la suite tirer des enseignements qui peuvent être dupliqués à d’autres AUE, à d’autres communes ayant la même organisation et la même structuration.

Dans l’ensemble, les participants ont beaucoup apprécié cette formation et sortent suffisamment outillés du nouveau document-cadre qui met au cœur les « AUE comme un véritable levier sur lequel la commune devrait s’appuyer pour assurer la continuité du service public en ce qui concerne les Pompes à motricité humaine (PMH) », termine Casimir LOMPO. « Certaines AUE existent mais les membres ignorent comment faire marcher la machine », concède Adamou NAMOANO, Président de la Commission Environnement et Développement local de la commune de Diapangou. Il a ainsi demandé à ce que DEPAC les accompagne techniquement pour assurer une effectivité de toutes les structures.

Les participants apprécient
Les participants, quant à eux, se disent satisfaits pour la tenue d’un tel atelier. Bandiba COMBARY, du village de Yensemdeni, confie que l’atelier lui a permis de savoir comment installer les AUE dans les villages. « Dès que je rentrerai, je vais dire aux populations de mon village qu’avec cette façon de faire tous les problèmes du village en matière d’eau seront résolus. » Même son de cloche du côté de Bandiba IDANI, toute débordante de sourire, trésorière de Litiayéni. « C’est une bonne initiative de nous aider à mettre en place des points d’eau. Si l’on gagnait ce genre de formation chaque année, nous serions contents. »

Bandiba IDANI, trésorière AUE de son village.

Pour la petite histoire
Le Gouvernement du Burkina Faso a initié un processus de décentralisation dont le cadre a été fixé par les textes d’orientation sur la décentralisation adoptés en 1998. En décembre 2004, ces textes ont été relus et adaptés dans le cadre de la loi n° 055-2004/AN portant Code Général des Collectivités Territoriales au Burkina Faso. Cette loi a consacré la création de collectivités territoriales que sont la région et la commune ainsi que la communalisation intégrale du territoire.

Et pour accompagner la décentralisation, un certain nombre de compétences sont transférées aux communes. Par décret 2009-107/PRES/PM/MATD/MAHRH/MEF/MFPRE, les compétences et les ressources de l’Etat dans le domaine de l’AEPA sont transférées aux communes et par conséquent la gestion des ouvrages transférés incombe désormais à la commune.

Dans le souci d’accompagner les collectivités territoriales à exercer les compétences transférées, la réforme du système de gestion des infrastructures hydrauliques d’approvisionnement en eau potable en milieux rural et semi-urbain a été adoptée par décret n°2000-514/PRES/PM/MEE du 3 novembre 2000. L’objectif de la réforme est d’assurer un fonctionnement permanent des infrastructures hydrauliques d’alimentation en eau potable en milieux rural et semi-urbain.

Le bilan de la mise en œuvre de la réforme, dressé en janvier 2016, a permis de relever des acquis et des insuffisances dans la gouvernance du service public de l’eau en milieu rural. C’est dans ce contexte que l’Etat, à travers le Ministère de l’Eau et de l’Assainissement (MEA), a élaboré un « document-cadre de stratégie de gestion du service public d’eau potable en milieu rural » pour accompagner le Programme National d’Approvisionnement en Eau Potable (PN-AEP) adopté en 2016. Dans le document-cadre de stratégie de gestion du service public d’eau potable en milieu rural, l’amélioration du niveau de fonctionnalité et d’opérationnalisation des acteurs s’impose comme un défi majeur au regard du niveau actuel de fonctionnalité des AUE.

Adamou NAMOANO reçoit symboliquement le guide sur l’eau des mains de Henri YANOGO chargé, de Programme au Laboratoire Citoyennetés.

En tant que stratégie nationale, ce référentiel a une portée plus importante et contraignante. Pour accompagner la nouvelle stratégie de l’Etat, le Laboratoire Citoyennetés, dans le cadre du programme DEPAC-2, a procédé à la relecture du « guide d’information simplifié des acteurs de l’eau potable au niveau local » pour l’adapter à la nouvelle stratégie de gestion du service public d’eau potable en milieu rural. Ledit guide a été distribué aux différents acteurs locaux pour contribuer à optimiser durablement la gestion et améliorer la qualité du service public de l’eau en milieu rural.

Tûwênd Nooma Jean Damase ROAMBA, Observateur Civitac, Fada N’Gourma

     

 

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