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Commune de Fada N’Gourma : le Collège de dialogue et de médiation se dote d’un plan stratégique assorti d’un plan d’action triennal

Les membres du Collège de dialogue et de médiation (CDM) de Fada N’Gourma ont procédé, le vendredi 18 février dernier, à l’adoption de leur référentiel d’action. D’un coût indicatif de 156 millions de francs CFA, ledit document-cadre, qui comprend quatre axes stratégiques, entend travailler à une meilleure assise institutionnelle du CDM pour la promotion de la paix et du dialogue entre les différentes communautés dans la commune de Fada N’Gourma.

Porté sur les fonts baptismaux à la faveur des Journées de dialogue intercommunautaire pour la paix tenues en juillet 2020, le Collègue de dialogue et de médiation (CDM) a voulu se doter d’un outil de travail pour être opérationnel dans la mise en œuvre de ses missions. Le vendredi 18 février dernier, à la Maison d’écoute des jeunes de Fada N’Gourma, sous la présidence du révérend Pasteur Namihamia Albert YONLI, une vingtaine de personnes composant le CDM s’est penchée sur le projet de plan stratégique qui présidera aux destinées de la structure. Affrété par un cabinet de consultation pluridisciplinaire, le référentiel a clarifié la mission et la vision de la structure de médiation, ainsi que les principales actions à entreprendre au cours des trois prochaines années. A cet atelier de validation, il a notamment été question de l’appréciation des principaux résultats de l’analyse diagnostique, des éléments de la stratégie, de celle de la planification d’action ainsi que du dispositif de mise en œuvre et de suivi-évaluation. Trois enjeux majeurs doivent être relevés dans la mise en œuvre du futur plan d’action. Il s’agit de ceux liés à la prévention des conflits et la promotion de la cohésion sociale (i), des enjeux liés au développement institutionnel du CDM (ii) et à son financement (iii). L’ambition de celui-ci est d’être à l’horizon 2024 une référence dans le domaine de la promotion de la paix et de la cohésion sociale dans la région.

Séance d’appréciation du référentiel.

Malick LANKOANDÉ, le chef d’équipe chargé de la consultation, expliquant le processus ayant conduit à l’amendement et à l’adoption provisoire du plan d’action, a fait constater qu’une rencontre de cadrage a eu lieu le 29 décembre 2021 suivie de la collecte de données courant janvier et février [2022], puis de la rédaction du rapport provisoire. « Nous avons voulu savoir pendant la phase préparatoire du plan d’action quelle était la place du CDM dans la commune du Gourma et les attentes des acteurs », annonce-t-il. Au-delà du plan d’action, l’équipe de rédaction a proposé un plan stratégique de quatre grands axes assortis d’un projet de règlement intérieur avec un point d’honneur sur l’ancrage institutionnel du Collège. « L’institutionnalisation du CDM y va de la reconnaissance légale du CDM, de ses moyens de fonctionnement et de son organigramme. Il y aura donc un organe délibérant qui va être le siège de toutes les stratégies [et] d’un secrétariat technique très léger qui sera la cheville ouvrière de la profusion du CDM sur le terrain », explique Malick LANKOANDÉ.

Malick LANKOANDE, membre de l’équipe d’élaboration du plan d’action.

Le deuxième axe, quant à lui, se donne pour mission d’accompagner les populations à faire le deuil de toutes les victimes des actes terroristes. Le troisième axe portera sur la médiation, avec en prime un volet renforcement des capacités à travers, entre autres, des voyages d’études au profit des membres du CDM.

Un plan d’action bien accueilli
« C’est quelque chose qu’on attendait depuis longtemps », a admis le Pasteur YONLI, président du CDM. Il soutient que l’adoption du plan stratégique est un grand pas et les échanges francs qui ont eu lieu montrent que le document répond à leurs attentes. « Nous sommes engagés et convaincus que c’est une possibilité d’aller de l’avant et d’atteindre nos objectifs », s’est réjoui celui que ses pairs ont porté à la tête du CDM en août 2020.

Le Pasteur YONLI, Président du CDM.

« A la suite des Journées de dialogue intercommunautaires [de juillet 2020], nous cherchons que dans les différentes communautés on continue de dialoguer [pour] qu’il y ait toujours quelqu’un qui appelle l’autre communauté pour pouvoir s’exprimer, pour se faire entendre. Les autorités nous accompagnent et nous voulons que ça fasse tache d’huile dans tout le Burkina Faso », confesse-t-il.

Longtemps écartées aux niveaux communal et régional suite à la crise de succession sur le trône du Gulmu, les autorités coutumières des deux camps ont été représentées à cet atelier. Diébado NABA, l’un des chefs traditionnels présents, a rappelé que la construction de la cohésion sociale reste un défi de tous, d’où le satisfecit de la chefferie traditionnelle d’avoir été impliquée à une telle instance.

Diebado NABA au premier plan, à sa gauche le grand Imam de Fada N’Gourma.

Pour le maire émérite Jean-Claude LOUARI, l’adoption du projet de plan d’action est une étape de franchie vers la bonne direction. « C’est une activité qui nous tenait à cœur parce que, depuis que le CDM est mis en place, on avait besoin d’avoir un fil conducteur qui allait définir les orientations et qui allait éviter de faire une navigation à vue », s’est satisfait celui-là même dont le conseil municipal a été l’initiateur des Journées de dialogue intercommunautaire. Et de continuer : « Nous avons eu un consultant avec plusieurs personnes de disciplines diverses qui nous ont permis d’avoir quelque chose qui me semble bien élaboré. Les membres du Collège ont apprécié le document à sa juste valeur. En même temps, le Collège a demandé que des orientations et des garanties soient clairement fixées, un peu comme des balises qui vont permettre au CDM de garder sa spécificité, afin de ne pas dénaturer ses missions, pour que la dynamique dans laquelle on s’est engagé puisse se poursuivre. »

Avec un budget indicatif de 156 millions, le besoin de partenaires et de ressources financières urge.
« On avait aussi besoin d’avoir un document vendable, parce que, quoi qu’on dise, ce Collège a besoin d’un accompagnement technique et financier, même si les ressources humaines peuvent être à la hauteur des missions », a insisté Jean-Claude LOUARI, et de remercier la Coopération suisse et son partenaire le Laboratoire Citoyennetés qui ont cru et accompagné l’initiative depuis sa genèse.

Au premier plan, le bourgmestre émérite Jean-Claude LOUARI. Derrière lui, Henri YANOGO du Laboratoire Citoyennetés.

Allant dans la même dynamique, Malick LANKAONDÉ estime que c’est « une urgence » que le CDM « ait des fonds pour mettre en œuvre cet ambitieux plan. » En attendant d’avoir les ressources nécessaires pour bien dérouler le plan, Fimba OUOBA, le représentant de la jeunesse au sein du CDM, appuie l’idée d’une mise en place « assez rapidement » d’un secrétariat technique. « Nous, la jeunesse, sommes prêts à travailler sur la base du bénévolat. On pourra avancer un peu en attendant les appuis pour travailler de façon optimum. » Réagissant sur le processus, Henri YANOGO, chargé du programme DEPAC-2 au Laboratoire Citoyennetés, a félicité les acteurs. Il a rassuré de l’intérêt et de l’accompagnement de la Coopération suisse et du Laboratoire Citoyennetés pour la construction d’une paix durable dans la région.

Maintenant que le plan d’action est adopté, il ne reste plus aux sages du CDM qu’à se mettre en « mouvement », ce qui implique, selon le Pasteur YONLI, de « se donner davantage, d’être plus déterminés et faire preuve de tolérance pour écouter l’autre et l’atteindre dans le contexte sécuritaire où qu’il se trouve. »

Brève chronologie de l’action du CDM
Né des recommandations des journées de dialogue intercommunautaire pour la paix (JDIP) tenues les 13 et 14 juillet 2020, le Collège de Dialogue et de Médiation (CDM) de la commune de Fada a été officiellement investi le 1er février 2021 par le Secrétaire Général de la région de l’Est, Amidou SORÉ. Les JDIP ont eu lieu à Fada sous la houlette du Conseil municipal. Deux jours de travaux durant, autorités administratives, politiques, religieuses et coutumières ; les représentants des trois communautés ethniques composant la commune ainsi que les acteurs de la société civile ont fait un diagnostic sans complaisance du vivre-ensemble dans la commune et ont dégagé les opportunités de résolution des crises aussi bien du point de vue de la loi moderne que des formes traditionnelles existantes. Depuis, le Pasteur Albert YONLI, président dudit Collège, et ses pairs ont enfilé leur manteau de pèlerin. A l’actif des premières actions, une série d’audiences les 2, 3 et 4 février, une rencontre de personnalités et d’institutions bien introduites sur la problématique. Il s’est agi tour à tour du Ministre d’Etat chargé de la Réconciliation et de la Cohésion sociale d’alors, Zéphirin DIABRÉ, du Président du Conseil supérieur de la Communication, Mathias TANKOANO, de la Ministre déléguée chargée de la Décentralisation, Madiara SAGNON, des premiers responsables des institutions, respectivement le Haut Conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN), la Commission nationale des droits humains (CNDH). Le 21 mars 2021, en marge sa visite à la cité de Yendabli, le Président du Conseil national de la fédération helvétique, Andreas AEBI, a participé à la projection d’un film documentaire du Laboratoire Citoyennetés sur les origines, les actions et les défis du Collège de dialogue et de médiation (CDM), suivie d’échanges avec les invités. Le 13 août 2021, enfin, le Collègue de dialogue et de médiation (CDM) réussissait une médiation sur une forêt entre deux villages, Boukpa et Koaré. Une activité qui rencontre toutefois des difficultés de mise en œuvre à cause de la dégradation continue de la situation sécuritaire : l’inhumation des corps.

Composé de seize membres, le CDM est conduit par de vénérables leaders religieux, à savoir El Hadji Aboubacar KINA, Grand Imam de Fada, Monseigneur Yempabou Pierre-Claver MALGO, évêque de Fada, et le révérend Pasteur Namihamia Albert YONLI de l’Eglise évangélique Slim, président. Et à ce dernier « d’espérer que ce sont des semaines de travail et d’espoir à venir ».

Tûwênd Nooma Jean Damase ROAMBA, Observateur Civitac, Fada N’Gourma

     

 

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