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La commune de Dédougou et sa multipolarité

Dans le cadre du programme « Démocratie et Participation - Développement communautaire participatif dans le Plateau central et la Boucle du Mouhoun », financé par Solidar Suisse, le Laboratoire citoyenneté accompagne un certain nombre de communes du Burkina Faso, parmi lesquelles celle de Dédougou.

Ce programme, qui concerne neuf (9) communes des régions du Plateau central et de la Boucle du Mouhoun, se donne pour objectif principal de renforcer la culture démocratique locale. Allons à la découverte de l’une de ces communes bénéficiaires, la belle cité de Bankuy.

Commençons par l’origine. La création de la ville de Dédougou - ou cité de Bankuy - autour du XVIe siècle serait le fruit d’une cohabitation originelle entre Koé DAYO (chasseur et agriculteur originaire du Mandé) et Zamagnini COULIBALY (originaire de Banou, dans l’actuelle commune de Tchériba). Plus tard, Koé et ses descendants conserveront la maîtrise des terres tandis que Zamagnini et les siens resteront les notables du village. Autrefois appelée Banikuy, (devenue par contraction Bankuy), qui veut dire « village des buissons ou des forêts », la ville deviendra par instinct de fierté et de suffisance « Dêdou », qui signifie « Je me suffis » ou « Je suis heureux et fier » en bwamu. Par la suite, avec l’influence linguistique du dioula « Dêdou » sera appelé « Dédougou ». L’arrivée du premier détachement militaire (1897) et la révolte bwaba contre l’oppression coloniale (1915 - 1916) sont des faits historiques importants qui ont marqué la conscience collective de la population de Dédougou.

Le monument de Nazi Boni dans la cité de Bankuy.

Présentation de la commune
La commune de Dédougou est située dans la province du Mouhoun et fait partie des sept (07) communes qui la composent. La ville de Dédougou est le chef-lieu de la région de la Boucle du Mouhoun. Elle est située à 230 km à l’ouest de la capitale politique Ouagadougou et à 176 km de Bobo-Dioulasso, la capitale économique sur la Nationale 14. La commune de Dédougou partage ses frontières avec les communes suivantes : à l’est avec la commune de Douroula, à l’ouest avec les communes de Sanaba et Bourasso, au nord les communes de Sono et Gassan, au sud, les communes de Ouarkoye et Kona au sud-est avec la commune de Safané.
En 2019, la population de la commune de Dédougou était estimée à 124 090 habitants répartis sur 7 secteurs et 37 villages. La population féminine était estimée à 50,70%, soit 62 793 femmes, contre 49,30% d’hommes, soit 61 297 personnes.

Les groupes ethniques, les langues parlées et les religions
La commune de Dédougou connaît un brassage ethnique et socioculturel important. Cela s’explique par la présence de nombreux groupes ethniques qui y vivent en parfaite harmonie.

Les Bwaba constituent l’ethnie autochtone de la commune. Ils cohabitent avec d’autres populations que sont les Marka, les Mosse, les Peulh, les Samo, les Gourounsi, les Bobo et les Winien (Kô). Par ailleurs, l’analyse des données du RGPH de 2006 révèle que les principales langues parlées dans la province du Mouhoun sont, par ordre d’importance, le mooré, le bwamu, le marka, le fulfuldé et le san. Le dioula et le bwamu sont les principales langues de communication entre les différents groupes ethniques en présence dans la commune.

Au plan religieux, le RGPH de 2006 révèle que dans la province du Mouhoun les principales religions, par ordre d’importance, sont l’islam (60,64%), l’animisme (16,96%), le catholicisme (16,53%) et le protestantisme (4,90%). Les religions monothéistes comme le christianisme et l’islam ont connu un essor dans la ville de Dédougou tandis que l’animisme est pratiqué surtout par les autochtones, vivant principalement en zone rurale.

L’organisation traditionnelle
L’organisation du pouvoir traditionnel dans la commune est établie autour de la chefferie coutumière. Cette chefferie est détenue par les chefs coutumiers qui sont en même temps les chefs de terre présents dans les quartiers et les villages de leur ressort. Ces chefs coutumiers, qui jouissent d’une certaine autonomie, sont souvent assistés par un conseil des sages lors des délibérations importantes. Ils sont les garants de l’organisation de toutes les manifestations et cérémonies traditionnelles animant la vie des communautés autochtones dans la commune (rites, sorties des masques, funérailles traditionnelles, etc.). De façon générale, le mode de succession se déroule suivant les règles gérontocratiques. Dit autrement c’est l’aîné du lignage le plus ancien qui succède à son frère défunt. Mais si la lignée des pères est éteinte, le pouvoir se transmet de père en fils. On tient également compte de certains critères de filiation et des qualités personnelles des éventuels candidats à la succession.

Il existe dans la commune un chef de canton détenteur d’un pouvoir de type traditionnel, qui joue un rôle d’intermédiaire et de médiateur entre l’Administration moderne et la chefferie coutumière. A ce titre, le chef de canton représente l’ensemble de la chefferie traditionnelle lors des cérémonies officielles.

Le chef de canton de Dédougou.

Rosine LOMPO, Observatrice Civitac, Zorgho

     

 

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