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Lutte contre la corruption : c’est parti pour le projet "Faso Hôronya"

Le mercredi 15 février 2023 s’est tenu, à Ouagadougou, le lancement officiel du projet "Faso Hôronya", ou ‘’Intégrité au Faso’’. C’est une initiative du consortium du Réseau national de lutte anti-corruption (Ren-Lac) et du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP), avec l’appui financier (à hauteur de 940 millions de francs CFA) de l’Ambassade de Suède au Burkina Faso.

Avec pour objectif de renforcer le dispositif de lutte contre la corruption au pays des Hommes intègres et les capacités des Organisations de la société civile à porter les préoccupations des populations en matière de lutte contre la corruption, "Faso Hôronya" (Intégrité au Faso en langue nationale dioula) entend contribuer à l’assainissement de la gouvernance au Burkina Faso à travers un meilleur traitement judiciaire des dossiers de crimes économiques. De l’avis de M. NACANABO, Secrétaire exécutif du Ren-Lac, le projet "Faso Hôronya" est une réponse à la crise sécuritaire, qui est la résultante d’une crise de gouvernance.

Sagado NACANABO, Secrétaire exécutif du REN-LAC.

En effet, les rapports du Ren-Lac publiés depuis 2016 montrent que la corruption ne cesse de croître au Burkina. Selon Sagado NACANABO, l’indice synthétique de perception de la corruption qui mesure la perception des Burkinabè sur la fréquence et l’évolution du phénomène indique que le niveau de corruption a connu une hausse de 30 points, passant ainsi de 41 à 71 points en 2022. « Sur un échantillon de 3 000 enquêtés au cours de l’année 2021, 85,23% estiment que la corruption est fréquente, voire très fréquente au Burkina Faso. À titre de comparaison, ce pourcentage était de 81,95% en 2020 et 75,7% en 2019 », précise-t-il. Ce projet, selon lui, s’inscrit dans le cadre du Plan stratégique 2021-2025 du Ren-Lac, qui a pour objectif global de renforcer la lutte contre la corruption, pour une gouvernance vertueuse dans la gestion des ressources nationales.

Susanne ALLDÉN, cheffe de coopération à l’Ambassade de Suède au Burkina, « Nous avons foi en la capacité du consortium à mettre en œuvre ce projet et à engranger les résultats escomptés en raison de la mise en œuvre proposée qui est axée sur l’approche basée sur les droits. Avec cette collaboration entre institution anti-corruption et institution de défense des droits de l’homme, les réponses de l’État en tant que détenteur d’obligations ne peuvent que s’inscrire dans la durabilité », a-t-elle affirmé. Selon elle, ce projet entre en droite ligne des objectifs de la stratégie bilatérale entre les deux Etats. Cette stratégie, a-t-elle précisé, vise à promouvoir une société pacifique et inclusive pour le développement durable, à assurer l’accès à la justice pour tous et à mettre en place des institutions efficaces, responsables et inclusives à tous les niveaux.

Susanne ALLDÉN, cheffe de coopération à l’Ambassade de Suède au Burkina.

"Faso Hôronya" mettra l’accent sur quatre axes, que sont : le renforcement des connaissances des citoyens sur le dispositif de lutte contre la corruption, le renforcement du dispositif institutionnel de lutte contre la corruption, l’accroissement du traitement des dossiers de crimes économiques - notamment les cas de biens mal acquis - et, enfin, le renforcement de l’autonomisation du Ren-Lac et du MBDHP.

Les participants.

Pour ce qui est de l’appropriation des dispositifs juridiques par les citoyens, il est prévu la production et la diffusion d’émissions radiophoniques et télévisuelles pour sensibiliser les populations, l’organisation de sessions de formation au profit des associations de femmes et de jeunes, ainsi que l’édition et la diffusion d’un manuel sur le dispositif juridique anti-corruption en français, mooré, dioula et fulfuldé.

Le projet "Faso Hôronya" compte également mettre un point d’honneur sur la promotion du genre, en prenant en compte la contribution des femmes dans la lutte contre la corruption et en réalisant une étude sur le genre et la corruption.

Céline SÉOGO, Observatrice Civitac, Ouagadougou

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