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Plateau-central : A la découverte de l’orpaillage à Méguet

La commune rurale de Méguet, située dans la province du Ganzourgou, est à 26 km de Zorgho, chef-lieu de la province. De passage dans la commune ce lundi 03 avril 2023 nous avons visité un site d’exploitation artisanale d’or afin de nous imprégner de son fonctionnement et de son impact sur l’économie locale.

Méguet est une commune rurale constituée de 22 villages administratifs et couvre une superficie de 402 km2. La population était estimée à 52 253 habitants en 2018 et caractérisée par une extrême jeunesse. Cette couche sociale, généralement déscolarisée et touchée par le chômage, recherche un mieux-être en s’adonnant à l’exode rural ou à l’orpaillage en saison sèche.
En effet, l’orpaillage emploie environ 1,3 million de personnes au Burkina Faso. C’est une activité ne nécessitant que de faibles investissements de départ et permettant surtout d’absorber une partie de la main d’œuvre issue de l’accroissement démographique du pays.

Depuis quelques années, le Burkina Faso connaît un boom minier dans certaines de ses localités. Le développement de ce secteur se caractérise par l’implantation de plusieurs sociétés minières durant ces dernières années, qui exploitent une quantité considérable de gisement d’or. En 2017, plus de 45 tonnes d’or ont été produites. Cette exploitation, en plus de générer des ressources au budget de l’État, contribue au PIB du pays. Au cours de la même année il a été enregistré plus de 226 milliards de francs CFA de contribution au budget de l’État et une hausse du PIB, qui passera de 7,9% en 2015 à 10,2% en 2020 selon le ministère en charge des mines.

Des orpailleurs sur le site

Ces estimations ont été faites sur la base des sites d’exploitation de types industriels. Pourtant il en existe d’autres types d’exploitation des mines, à savoir l’exploitation traditionnelle. Cette forme d’exploitation utilise des méthodes et procédés traditionnels et manuels. En 2017, ce sont 450 sites de ce genre qui ont été recensés. Ces sites, dans la plupart du temps, sont répandus dans les communes rurales. Celle de Méguet ne fait pas exception à la règle. En effet, nous y dénombrons plus d’une dizaine de sites d’orpaillage.

L’orpaillage comme activité secondaire à Méguet
Cette activité est dite secondaire mais beaucoup pratiquée en saison sèche après les récoltes, selon Dalhouda KABORÉ, orpailleur avec qui nous avons échangé sur le site d’or de la colline de Kètenga. « Ça fait plus de 30 ans que je pratique ce métier, mais comme activité de base je fais l’agriculture en saison pluvieuse et aussi l’élevage de temps en temps », témoigne-t-il.
Ce site (de la colline de Kètenga), majoritairement exploité par des jeunes, connaît également la présence de quelques femmes et jeunes filles qui y travaillent. Tous venus pour le même objectif : rechercher le métal précieux. Cependant, ils n’ont pas le même rôle à jouer sur le site. Les femmes sont plutôt chargées d’approvisionner le site en eau, d’écraser, de vanner et de laver les pierres pour séparer l’or de la terre, tandis que les hommes, eux, entrent dans des trous, d’une profondeur comprise entre 60 à 90 m, pour rapporter des pierres contenant de l’or.

En plein dans la recherche de l’or

L’impact de l’orpaillage sur l’économie locale
Ces derniers semblent trouver leur compte dans cette activité, à entendre cette femme que nous avons croisée sur le site. « J’ai commencé à travailler sur la colline grâce à mon mari, qui est lui aussi orpailleur. Depuis que je suis ici je sens que mes conditions de vie ont changé et je ne demande plus rien à mon mari. J’arrive à satisfaire mes besoins avec ce que je gagne », a-t-elle témoigné.
Certaines femmes sont même propriétaires de hangars sur le site et emploient des gens pour creuser et leur apporter les pierres pour le traitement et la vente de l’or.
Cependant, cette activité ne semble pas avoir un impact sur l’économie de la commune, du fait que tous les sites ne paient pas les taxes. Selon Awa Kaboré, présidente du réseau des OSC de Méguet, à sa connaissance, « il n’y a pas de taxe à payer sur chaque site d’or car ils ne sont pas, pour la plupart, reconnus par les autorités. C’est seulement le comptoir (lieu de vente et d’achat d’or) qui est déclaré et paie les taxes ».

Le tri pour trouver la matière précieuse

On pourrait dire que cette activité profite en grande partie aux orpailleurs, ce qui est regrettable, quand on sait que les conséquences de cette activité sur l’environnement affectent toute la commune.
Ne serait-il pas judicieux pour l’État de recadrer cette activité au profit du développement de la commune ?

Abdramane Zerbo, observateur civitac, Plateau-central

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