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Hama CISSE, responsable de Blindé TELECOM à Dori : « Le LMD nous a fait trainer à l’université, j’ai donc pensé à entreprendre »

« Là où s’abat le découragement, s’élève la victoire des persévérants ». Cette citation de Thomas Sankara, définit à souhait Hama CISSE. Ce jeune commerçant à Dori, région du Sahel, a abandonné l’université, car lassé du système LMD, pour entreprendre. Ce, malgré les railleries de ses amis. Aujourd’hui, il est un jeune entrepreneur modèle à Dori.

Cet après-midi du 10 mai sous un soleil ardent, nous sillonnions les artères de la ville de Dori. Nous passions devant la mairie de Dori, longeant un peu plus loin le rondpoint Hama Arba DIALLO. Nous traversions le goudron principal de la ville pour entrer dans l’un des couloirs d’entrée du marché central. A 200m plus loin, nous soufflons un ouf de soulagement. Nous sommes à la devanture de Blindé TELECOM. C’est l’entreprise de Hama CISSE, connu sous le sobriquet Base Blindée. Il n’est pas là, nous devrions attendre. A peine entrer dans la boutique, le temps de regarder rapidement çà et là qu’une voix nous rassure : « tenez, le voilà qui arrive », informe Ibrahim DICKO, un employé.

Hama CISSE, responsable de Blindé Télécom

Les salutations d’usage terminées, commence notre découverte. Comment un jeune de 35 ans est arrivé à mettre en place une boutique de vente de téléphones, de téléviseurs de pointe et bien d’autres articles ? « Ça n’a pas été facile, j’ai commencé avec un budget de 40 000 Fcfa. J’ai attendu de l’aide en vain », répond Hama CISSE. Et en nous intéressant à son parcours, nous nous rendons compte qu’il a abandonné les études après deux ans passés dans la même filière en première année géographie pour se consacrer au commerce. D’une petite table au départ où il vendait des fournitures scolaires et des cartes de recharges de mobiles, Hama CISSE est arrivé à se frayer un passage dans le milieu des commerçants. « Le système LMD (Licence-Master-Doctorat, ndlr) nous a fait trainer à l’université deux ans sans évolution, donc je me suis désintéressé des études et que faire, j’ai alors pensé à cette table », explique-t-il.

Hama Hassane DICKO, employé de Blindé Télécom

Victoire du persévérant

De la table est née une petite boutique métallique où notre entrepreneur vendait des téléphones, des cartes mémoires, des clés USB, téléchargeait des vidéos pour ses clients. L’espoir a grandi avec le temps malgré les moqueries de certains de ses amis. « Ce n’est pas mieux de faire des concours au lieu de perdre ton temps. Tu ne seras rien dans ce commerce », sont entre autres les paroles démotivantes des amis de notre entrepreneur. Ce qui rappelle à « blindé » la citation de Thomas SANKARA : « Là où s’abat le découragement, s’élève la victoire des persévérants ». Les choses ont été dures pour le jeune Hama mais sa foi en ce qu’il entreprend, l’a conduit au succès aujourd’hui au point qu’il a, avec lui, six jeunes qui ne demandent qu’à apprendre. Comme le témoigne le jeune employé Hama Hassane DICKO : « Il y a un qui nous a devancés ici, il a travaillé avec le patron, ça avoisine les 7 ans aujourd’hui. La confiance que le patron lui porte l’a permis d’être à Bobo pour gérer l’autre boutique de Blindé Telecom. »

Dans cette persévérance, les structures ont eu confiance en lui en lui octroyant des marchés souvent pas des moindres. Il est aussi grossiste, car blindé fournit les revendeurs de certaines localités de la commune de Dori et même à d’autres de la ville de Dori.

Dans la boutique Blindé Telecom, on retrouve divers articles : en plus des téléphones portables, il y a des tablettes, des accessoires de téléphones, de l’équipement solaire composé de batteries, de plaques, de convertisseurs, régulateurs, etc., les ventilateurs solaires comme électriques, des téléviseurs et bien d’autres appareils.

Marié, père de deux enfants, à 35 ans, il est arrivé à se faire une place au soleil. Il est devenu en effet une référence. Il est grossiste, décroche des financements de structures. Toutes choses qui lui permettent aujourd’hui d’assurer le bien-être de sa famille. Malgré tout cela, Hama est resté égal à lui-même. Sauf qu’au grin, les amis le voient de moins à moins et cela se comprend selon Ahmed DICKO, un couturier, son ami d’enfance. « Quand tu cherches l’argent, tu ne peux plus continuer des habitudes, tu es obligé de te réorganiser », justifie-t-il. En dépit de cette absence régulière, Blindé trouve des moyens pour entretenir les relations. Et cela est bien approuvé par Ahmed : « Pendant certaines fêtes comme le Ramadan, la Tabaski, ils nous invitent chez lui à la maison ».

Ahmed DICKO , ami de Hama CISSE

La bonté de l’homme va plus loin. Et pour contrer la difficulté de concurrence sur le marché, il utilise au mieux les moyens marketing : spots à la radio, des promotions sur ses articles à chaque moment, réduction pour les amis. Pendant que nous étions en interview, Ibrahim DICKO, un client et ami venait d’acheter un téléphone et il témoigne : « le prix de ses téléphones est vraiment abordable, il comprend les gens et voilà pourquoi je le recommande auprès de mes connaissances. »

« Prendre au sérieux son activité »

Entreprendre est une chose qui demande beaucoup de patience pour pouvoir juguler toutes les difficultés rencontrées. La difficulté principale pour Blindé reste le fait que les principaux payeurs ont soit quitté la ville soit leurs activités ont été stoppées comme cela a été le cas de l’orpaillage. Et il ne tarit pas de conseils à l’endroit des jeunes qui veulent emboiter le pas : « ceux qui veulent entreprendre doivent prendre cette activité très au sérieux, quelle que soit l’activité choisie. Seul le travail qui paie. La vie est une réalité loin de la virtualité. Il faut se concentrer. » Il n’en reste pas là : « Une ville ou une localité n’a de valeur qu’en fonction de la qualité des personnes qui y résident et je demande aux jeunes de beaucoup se former ».

Le message est fort de la part de Hama mais interpellateur à la fois. C’est dire que pour emboiter ses pas, il faudrait courage, abnégation et formation.

Cheick Yannick SOME

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