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Région du Nord : à Ouahigouya, l’Association vie meilleure pose la problématique de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement sur la table de discussion

L’Association vie meilleure a institué, ce lundi 27 novembre 2023, à la salle de réunions de la Police municipale, à Ouahigouya, une rencontre de concertation sur les impacts de la crise sécuritaire sur la délivrance des services publics d’eau potable et d’assainissement dans la commune de Ouahigouya. Cet atelier d’échange, rendu possible grâce à l’appui financier et technique du Laboratoire Citoyennetés dans le cadre du Programme d’appui à la Décentralisation et à la Participation citoyenne, phase 3 (DEPAC-3), a pour but de contribuer, à travers des réflexions, à améliorer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement dans la commune.

La rencontre de concertation a réuni en effet des responsables des collectivités, des services techniques déconcentrés chargés de l’action humanitaire, de l’eau et de l’assainissement, ; des gestionnaires des points d’eau potable ; des associations des usagers de l’eau (AUE), des artisans réparateurs ; des personnes déplacées internes (PDI) et des personnes d’autres associations intervenant dans le domaine à Ouahigouya.

Ouverte par le représentant du Président de la délégation spéciale de la commune de Ouahigouya, l’activité s’est déroulée, d’une part, sous forme de présentation avec des explications en langue locale mooré. D’autre part, il s’en est suivi des échanges.

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Au niveau des communications, un aperçu de la situation actuelle de la délivrance des services d’eau potable et d’assainissement dans la commune de Ouahigouya. Elle est présentée par Issouf BOLY, agent à la Direction de l’eau et de l’environnement. Ici, il est à noter que la demande en eau reste largement supérieure aux capacités de production des infrastructures. Une étude menée en 2019 par l’ONEA (PDI non prises en compte) fait état d’un déficit de 2 700 m3/j d’eau. Les coupures d’eau peuvent ainsi avoir lieu pendant plusieurs mois dans certains secteurs et le temps d’attente au niveau des points d’eau publics est en moyenne de deux à quatre heures. Il a également abordé la question de l’assainissement. Ici, on remarque que du côté des ménages, seuls 6% de la population détiennent une latrine améliorée, respectant les normes d’hygiène (normes nationales) et 79% disposent d’une toilette traditionnelle. Les enquêtes ne montrent pas de différence significative entre les PDI et les résidents, en raison notamment d’un nombre important de PDI vivant dans des familles d’accueil et de nombreuses sensibilisations ciblées faites par les acteurs. C’est le diagnostic fait par le communicateur sur la situation actuelle.

Zacharie SAWADOGO, représentant le PDS (au milieu), Issouf BOLY, agent à la Direction de l’eau et de l’environnement (à gauche) et Azèta OUÉDRAOGO, présidente de l’Association vie meilleure.

En sus de cela, le communicateur est allé identifier des impacts de la crise sécuritaire sur la délivrance des services d’eau potable et d’assainissement. Il est visible dans cette présentation que la commune de Ouahigouya, qui se trouve actuellement dans une crise sécuritaire marquée par le déplacement significatif des populations (d’autres communes, des villages de Ouahigouya) vers la ville, fait face à une forte pression sur les infrastructures hydrauliques et d’assainissement.

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Après ces communications, les participants se sont par ailleurs penchés sur des pistes de solution pour une meilleure délivrance des services d’eau potable et d’assainissement à travers des travaux de groupe. Cela a permis de proposer des perspectives et des recommandations pour une meilleure délivrance des services d’eau potable.

Cet atelier tire son fondement dans la recherche de solutions liées à cette problématique d’accès à l’eau potable et à l’assainissement. En détail, à l’échéance 2015 la communauté internationale, dans sa quête d’un développement durable, s’est fixé des nouveaux objectifs d’ici à 2030 dits Objectifs de développement durable (ODD), dont le sixième ordre est relatif à l’accès de la population mondiale à l’eau potable et à l’assainissement.

Au-delà des ambitions définies dans le Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement à l’horizon 2030, le Programme national de développement économique et social (PNDES) constitue aujourd’hui, au Burkina Faso, un engagement fort de la part de l’État à promouvoir l’équité dans le domaine de l’approvisionnement en eau potable et l’assainissement.

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En prônant la réalisation systématique d’un forage partout où il y a un regroupement d’environ 300 personnes, l’État burkinabè, avec l’appui de ses partenaires au développement, entend assurer un approvisionnement conséquent et équitable des populations en milieux rural et semi-urbain.

L’aboutissement de cette ambition de l’État et de ses partenaires au développement doit s’articuler autour d’un mécanisme de gouvernance défini à travers les stratégies préconisées par « la réforme du système de gestion des infrastructures hydrauliques d’approvisionnement en eau potable en milieux rural et semi-urbain ».

La commune de Ouahigouya, pour s’inscrire dans cette vision, a réalisé, avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers, plusieurs programmes afin d’améliorer l’accès de ses populations à l’eau potable et à l’assainissement.

Malgré les acquis des précédents programmes mis en œuvre, la commune de Ouahigouya reste confrontée à des difficultés telles que la mobilisation de la redevance en matière d’accès à l’eau potable, l’entretien et la réparation des ouvrages hydrauliques et d’assainissement, l’incivisme des citoyens. Au regard de ces difficultés la commune a choisi de renforcer ses actions pour consolider les acquis et relever le défi de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement pour tous.

Ce défi se révèle encore plus difficile, d’autant plus que la situation sécuritaire préoccupante constitue un écueil.

Cette pression sur les infrastructures hydrauliques et d’assainissement s’est ainsi soldée par une détérioration des conditions d’accès à l’eau potable et à l’assainissement.

Photo de famille des participants à l’atelier de concertation.

Pour relever ce défi, la commune de Ouahigouya et ses partenaires devront faire face à des enjeux. Elle devra premièrement renforcer le nombre des infrastructures hydrauliques et d’assainissement et, deuxièmement, asseoir une gouvernance efficace de l’eau, notamment l’appropriation des acteurs et artisans dans la gestion et l’entretien des ouvrages et la fourniture d’un service de qualité (entretien, maintenance). C’est ainsi que l’Association vie meilleure (AVM), qui met en œuvre des actions en faveur de l’amélioration de la gestion des points d’eau potable dans la commune de Ouahigouya, avec l’appui technique et financier du Laboratoire Citoyennetés, a entendu alors apporter sa contribution pour aider à relever ce grand défi. Pour Azéta OUÉDRAOGO, présidente de l’Association vie meilleure, elle a permis d’échanger avec l’ensemble des acteurs concernés sur l’impact de la crise sécuritaire sur la délivrance du service public d’eau potable et d’assainissement dans la commune de Ouahigouya.

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Au terme de cette rencontre de concertation, AVM a disposé d’éléments d’information et de proposition utiles et nécessaires qui lui permettront d’élaborer son plan d’action pour contribuer à améliorer durablement la délivrance des services d’eau potable et d’assainissement dans la commune de Ouahigouya dans un contexte de crise sécuritaire et humanitaire. Les participants traduisent aussi leur satisfaction pour la tenue de cet atelier. Pour eux, l’eau reste le premier défi dans la commune, et cet atelier montre à quel point les partenaires s’intéressent à sa résolution.

Abdoulaye OUÉDRAOGO, Observateur Civitac, Ouahigouya

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