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La culture maraîchère à Loumbila : une activité rentable

La commune de Loumbila est l’une des sept (07) communes que compte la province de l’Oubritenga, dans la région du Plateau central. Elle est située à vingt-cinq Kilomètres de la capitale Ouagadougou, sur la route nationale N°3. La commune couvre une superficie de 177 Km2, soit 6,16% de la superficie totale de la province, avec une population estimée à 35 995 habitants en 2016, selon les données du recensement général de 2006. Elle compte trente-et-un (31) villages. A la faveur d’un récent séjour dans la localité, nous avons échangé avec quelques agriculteurs maraîchers.

Dans la plupart des zones rurales ou péri-urbaines du Burkina, le maraîchage est pratiqué par les agriculteurs en saison sèche. Pendant cette période ils cultivent des légumes sur des espaces aménagés. Mais à Loumbila cette activité n’est pas qu’économique. D’après le Secrétaire général de ladite commune, «  c’est une activité un peu culturelle, parce que dans rare de familles on trouvera un membre qui ne fait pas du maraîchage ». Contrairement à la majorité des localités du pays, cette activité à Loumbila se fait de manière continue, quelle que soit la période de l’année.

Souvent organisés en groupement ou de manière individuelle, les agriculteurs maraîchers produisent sur les berges du grand barrage et dans des bas-fonds aménagés une diversité de légumes, la plupart du temps destinés à la commercialisation. Parmi ces légumes il y a la tomate, l’oignon, les aubergines locales et importées, les courgettes, la laitue, le chou, la carotte, l’ail, le poivron, le piment, le gombo, etc. Ces produits sont revendus généralement à des clients venus du centre, du centre-est du Burkina et d’autres pays de la sous-région, en l’occurrence le Ghana et la Côte d’Ivoire.

Les recettes de ce commerce ne sont pas négligeables, selon un maraîcher du village de Pendogo, dont nous avons visité le champ. Ce dernier estime avoir eu l’année dernière un chiffre d’affaires de 750 000 F CFA sur uniquement la vente des oignons qu’il produit. Et d’ajouter : « Je ne peux pas vous donner avec exactitude la quantité de produits que j’obtiens. Mais l’année dernière, j’ai récolté plus de 15 charretées d’oignons. » Sans compter qu’il produit également d’autres légumes tels que la tomate, les aubergines et les courgettes, le tout sur un périmètre d’environ un demi-hectare.

Une activité qui ne se passe pas sans risque
Malgré les chiffres d’affaires satisfaisants, il n’en demeure pas moins que les maraîchers rencontrent des difficultés, à cause du caractère informel de cette activité. D’après le Secrétaire général de la Mairie de Loumbila, Rasmané NIKIЀMA : « Du fait que le maraîchage est pratiqué d’une manière informelle, il n’existe pas un suivi qui permette aux producteurs de commercialiser leurs produits comme il se doit. Cela fait que pendant la période des grandes productions ils sont obligés de les vendre à vil prix, pour ne pas perdre . »

En outre, il arrive souvent que, par ignorance, les producteurs rencontrent des problèmes d’identification des semences. Un producteur nous conte sa mésaventure : « Il m’est déjà arrivé une fois de payer des semences et je m’attendais à récolter des oignons. Grande fut ma désolation de constater que, à partir des pousses, c’était du Corchorus Tridens (boulvaka en langue mooré) que j’avais acheté. Cela m’a coûté une grande perte cette année-là. » Outre ces difficultés, il y a la faible quantité des outils de travail, en l’occurrence les motopompes et les engrais, sans oublier les problèmes d’eau.

Afin de trouver des solutions à ces difficultés, les autorités communales ont organisé un cadre d’échange, de partage d’expériences et de perspectives pour les secteurs clés tels que l’agriculture, l’élevage, le maraîchage à travers la foire agro-sylvo-pastorale. Ladite foire a tenu sa 2ème édition du 21 au 23 décembre 2018 dans la commune de Loumbila sur le thème : « Produire en quantité et en qualité pour l’autosuffisance alimentaire  ». A travers cette foire, la commune entend booster le développement des secteurs clés dont il est question. Ce fut aussi le lieu pour la commune d’encourager et d’accompagner une dizaine de producteurs pour leurs efforts et les résultats engrangés. Ces derniers ont été dotés d’outils de travail tels que des charrettes, des brouettes, des sacs d’engrais, etc.

Cette initiative a permis aux organisateurs de soulager quelques producteurs, sur plus d’une centaine. Face à cette problématique, le Secrétaire général de la commune rassure : « La commune œuvre pour trouver un mécanisme pour recadrer ce domaine qui a d’ailleurs déjà été intégré dans notre PCD. Nous allons les organiser en coopérative, afin qu’ils se connaissent et travaillent ensemble. En les organisant en coopérative, nous pourrons facilement les appuyer à travers des formations sur les techniques de culture et de conservation, par exemple, pour améliorer leurs productions. Puis, nous allons essayer de mettre en place un comptoir d’achat pour mieux contrôler les achats et identifier les acheteurs. Cela sera bénéfique pour les producteurs car ils vont mieux gérer la vente de leurs produits. »

Ce projet de réorganisation du secteur de la culture maraîchère, en plus d’être bénéfique aux producteurs, le sera également pour la commune en termes d’accroissement des recettes fiscales.

Anaïs MONÉ, Observatrice Civitac, Plateau central

     

 

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