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Boussé, la capitale du pain traditionnel

Vous connaissez sans doute Titao et sa pomme de terre, Kombissiri et sa patate douce, Koungoussi et son haricot vert. Mais il y a aussi Boussé, peut-être moins connue, et son pain traditionnel. Où se situe la commune de Boussé ? Quelle est sa population ? Quel est son potentiel socio-économique ? Quelles sont les principales contraintes auxquelles la commune fait face ? C’est préoccupé par toutes ces questions que CIVITAC, de passage dans la commune, a sollicité et obtenu des réponses pour les partager avec vous.

Une ville en pleine évolution
Située à une cinquantaine de kilomètres au nord de Ouagadougou, Boussé est traversée par la route nationale N°2 (Ouaga-Ouahigouya). Commune urbaine et chef-lieu de la province du Kourwéogo, dans la région du Plateau central, elle s’étend sur une superficie de 485 km2. Elle compte 16 villages et 5 secteurs, et a une population estimée à 57 963 habitants, dont 31 712 femmes. Dotée d’un conseil municipal de 43 conseillers, dont une femme, la commune a à sa tête le maire Nicolas Z. SAWADOGO.

Etat de transferts des ressources
Le transfert des compétences et des ressources constitue un élément central du processus de décentralisation. Ainsi, de 2009 à nos jours, plus de 157 milliards de francs CFA ont été transférés aux collectivités territoriales du Burkina Faso pour l’exercice de leur fonction. Pour ce qui est de la commune de Boussé, elle a perçu la somme de 125 171 171 F CFA de la part de l’Etat en 2018. Ces ressources contribuent à la réalisation des projets du Plan communal de développement de la commune. Cependant, des difficultés existent dans la gestion de ces ressources, et selon le maire, « d’une manière générale, les transferts sont lents ». Cette situation n’est pas sans conséquence, car elle se répercute sur l’avancement de certaines réalisations et donne une mauvaise image de la mairie vis-à-vis des prestataires. A ce propos, le maire confie : « Il nous arrive d’achever l’année sans pouvoir payer les entrepreneurs qui ont réalisé les travaux passés, ce qui influence l’exécution des prochains marchés, et handicape le fonctionnement normal de la mairie. »

Au niveau des ressources humaines, la situation n’est guère meilleure. Le maire déplore une insuffisance de personnel compétent et qualifié. Pour y remédier, des démarches ont été entreprises, mais sans suite : « J’ai rédigé des lettres de demande adressées au ministère afin que l’on m’envoie des gens, mais cela est resté sans suite. Je suis toujours dans l’attente. »

Face à ces difficultés que la commune rencontre sur le transfert des ressources, le maire de la commune formule ses attentes vis-à-vis de l’Etat : « Nous souhaitons que l’Etat redouble d’efforts dans le transfert des ressources afin que nous puissions travailler dans de bonnes conditions, cela y va dans l’intérêt de tous. Aussi, nous souhaitons la revalorisation du statut des maires afin que ceux-ci soient impliqués dans le processus de prise de décisions de l’Etat. Cela permettra de faciliter leur application car les maires sont plus proches des réalités du terrain et sont mieux informés sur les besoins réels des populations de leurs localités respectives ».

Autres soutiens et potentialités de la commune
La commune de Boussé a développé de nombreux partenariats dans le domaine de la coopération décentralisée - avec notamment les communes de Chollet et Loué en France, Zé au Bénin et avec des ONG telles Solidar suisse, qui s’intéresse notamment à la sécurité alimentaire, au travail décent, à la gouvernance, etc.

Au plan économique, l’on note un fort développement du secteur informel : petit commerce, artisanat, etc. et ce malgré l’insuffisance des infrastructures marchandes. Comme le souligne le maire, « ce qui handicape l’économie de Boussé, c’est le problème d’aménagement de la ville… Cela limite beaucoup les investissements côté infrastructures ». Malgré cela, s’il y a une activité qui prospère dans la ville de Boussé, c’est bien celle de la boulangerie traditionnelle. Installés de part et d’autre de l’artère principale de la ville, les vendeurs de pain traditionnel ne manquent jamais de clientèle.

Souley, un jeune vendeur de ce pain, nous confie : « Je suis dans cette activité depuis plus de 5 ans… Il y a des jours je peux vendre 5 000, voire 10 000 F CFA. Nos clients sont surtout les voyageurs ». Plusieurs habitants nous confient que cette activité, bien que concurrencée par la boulangerie moderne, permet à plusieurs familles de subvenir à leurs besoins. « Ce pain c’est du naturel, il a son goût qui est irremplaçable… Chaque fois que je passe ici je me ravitaille », affirme un voyageur en provenance du nord du Burkina. A en croire les adeptes de ce pain, appelé à tort « taab-nin-non » en langue nationale mooré (ce qui signifie littéralement « malaxer avec le pied »), ce ne sont ni les railleries, ni la concurrence qui pourront faire disparaître ce produit. C’est une affaire de goût !

Anaïs MONÉ, Observatrice Civitac, Plateau central

     

 

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Du 12 au 13 novembre 2020 à Koudougou.

Journée de dialogue OSC-élus locaux

Le 12 novembre 2020 à Titao.

Forum provincial de reddition des comptes du conseil régional du Nord

Du 11 au 12 novembre 2020 à Gourcy.

 

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