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Taxe communale : la police municipale de Dori joue sa partition dans le recouvrement

À l’instar de certaines communes du Burkina Faso, la commune urbaine de Dori dispose d’une Police municipale. Un corps dont la principale mission est d’assurer l’ordre public et la sécurité des personnes et des biens. Chaque jour, les agents bravent le soleil et d’autres obstacles pour accomplir cette noble mission. Afin de s’imprégner un tant soit peu de la quintessence de leur travail, Civitac a suivi une équipe sur le terrain. C’était le vendredi 19 avril 2019 au marché à bétail de Dori. A noter que ce marché est l’un des plus importants de la sous-région.

Il est 9 heures 22 minutes lorsque nous arrivons avec l’équipe de la Police municipale au grand marché à bétail de Dori, situé à la sortie de la ville, route de Ouagadougou. Déjà, beaucoup de marchands s’activaient à conclure la vente de leurs animaux hors du marché, alors que, normalement, l’activité doit se dérouler à l’intérieur. L’une des missions de la Police municipale est donc de s’assurer que la vente et l’achat s’opèrent dans le marché, où les collecteurs peuvent recouvrer les taxes prévues pour chaque animal vendu.

Lorsque la vente est effectuée hors du cadre prévu, en effet, aucune taxe n’est perçue. Et c’est pour justement échapper au paiement de ces taxes que certains foulent royalement aux pieds certaines règles qui régissent l’activité en question. La Police municipale intervient afin que chacun s’acquitte de son devoir vis-à-vis de la commune. Mais la mission de ce corps ne se limite pas seulement à s’assurer du paiement effectif des taxes, elle veille également au respect de l’ordre et à la sécurité des personnes et des biens sur ce marché. Leur présence dissuade et permet d’éviter certains actes tels les vols d’animaux, ou même la vente d’animaux déjà volés.

La mauvaise foi de certains marchands

A l’arrivée des agents, on pouvait lire le mécontentement sur le visage de certains, pour la simple raison qu’ils n’allaient plus pouvoir continuer à vendre leurs animaux à l’extérieur du marché, et par ricochet éviter le paiement des cent (100) CFA comme taxe pour chaque petit ruminant vendu. Beaucoup feignent d’ignorer leur présence. Les agents aussi, visiblement bien imprégnés de ce type de comportement, décident de rester droit dans leurs bottes jusqu’à ce qu’ils obtempèrent.
L’essentiel du travail se situe au niveau du marché des petits ruminants, parce que c’est eux les plus nombreux. Quant à l’espace réservé aux gros ruminants tels les bœufs et les ânes, les choses se déroulent sans grand bruit entre marchands et agents. Malgré tout, notre visite n’y sera que de courte durée. En effet, une vache, furieuse pour on ne sait quelle raison, a semé la panique. L’agent de police Balguissa MAÏGA nous expliquera plus tard que c’est toujours la crainte lorsqu’on y met les pieds. Heureusement, il y a eu plus de peur que de mal.
À observer de près, on se rend compte que le travail de ces agents demande beaucoup de sang-froid, au regard de certains agissements pas toujours appropriés. Mais le plus intéressant, c’est la bonne entente qu’on remarque entre agents et certains marchands, signe que ces derniers ont compris que la police n’est aucunement là pour les opprimer.


Un effectif qui ne permet pas d’agir plus efficacement
Pour cette sortie terrain, l’équipe était composée de deux policiers et de deux volontaires adjoints de sécurité (VASD). Un sous-effectif qui créé forcément des vides. Impossible pour ces agents d’être présents partout, tant le marché est grand. Des marchands en profitent d’ailleurs pour ne pas payer les taxes, parce que le temps que les agents en finissent avec un groupe, d’autres ont déjà acté la vente de leurs animaux.
Pour le Commandant de la Police municipale de Dori, Parfait DABIRÉ, ce problème de sous-effectif est général. Il explique : « La commune de Dori compte 78 villages qui se regroupent chaque vendredi dans la ville, soit pour le marché, soit pour la prière. On ne peut pas amener toutes nos forces au niveau du marché à bétail, en oubliant la ville. La sécurité des personnes et des biens en ville nous incombe également. »
Du côté de la mairie de Dori, ce manque à gagner est loin d’échapper aux premiers responsables de la commune. « Le marché se tient chaque vendredi, et lorsque vous voyez la ville ce jour, vous sentez le besoin en agents pour rendre fluide la circulation, que ce soit au niveau du grand marché, des grandes mosquées de la ville, ou au niveau des artères », renchérit Boureïma BOKOUM, 1er adjoint au maire. Et même si, à la demande de la mairie, la Direction régionale de la Police nationale a envoyé des VASD en appui, M. BOKOUM est conscient que des efforts restent encore à faire pour pallier le manque.
Et le maire de lancer un appel à tous ceux qui mènent cette activité au niveau du grand marché : « La mairie a fait ce qu’elle pouvait en les dotant d’un endroit pour mener à bien leurs activités. Nous pensons que c’est ensemble qu’on peut pérenniser cet espace. Si toutefois les gens veulent y travailler, qu’ils aient quand même le sens civique pour payer leurs taxes afin de permettre à la commune d’avoir assez de ressources pour rendre les choses encore plus modernes. »
Le commandant, quant à lui, interpelle les uns et les autres à faire preuve de plus de civisme. « Les commerçants prétendent payer moins cher en dehors du marché. Ils disent que payer 200 ou 500 F CFA c’est beaucoup. Pourtant c’est parce qu’il y a un marché qu’ils sont venus et ont pu vendre leurs animaux. Le comité qui gère le marché risque de ne pas pouvoir honorer le contrat qui le lie à la mairie, puisque les taxes ne sont pas recouvrées comme il se doit. S’ils ne le font pas, c’est sur quoi on va compter pour recruter de nouveaux agents pour étoffer l’effectif ? D’autant plus que la Police municipale est prise en charge sur fonds propres de la commune », ajoutera-t-il.
Il est clair que la Police municipale de Dori occupe une place prépondérante dans la sécurisation des personnes et des biens. Des actions en faveur des citoyens qui y vivent ou qui y sont de passage, elle en pose au quotidien. A côté de cela, elle contribue à sa manière à ce que les taxes sur les animaux soient recouvrées au niveau du grand marché à bétail. Toute chose qui participe de la mise à disposition de la commune de Dori des moyens lui permettant de réaliser des projets de développement, au grand bonheur des populations locales. S’acquitter de ses taxes donc, c’est contribuer à son propre développement à travers celui de sa localité.

Romuald Windenonga OUEDRAOGO, Observateur Civitac, Dori

     

 

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