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Entrepreneuriat : 500 jeunes de la région du Centre-Ouest formés à un nouveau concept

Ce 30 septembre 2019 a débuté, dans la salle polyvalente de Koudougou, une formation de 500 jeunes de la région du Centre-Ouest sur l’entrepreneuriat. Pendant quatre jours, ils vont s’approprier un nouveau concept appelé "Entreprendre à Zéro Franc" (EZF). Une formation organisée par l’Agence de financement et de promotion des petites et moyennes entreprises (AFP/PME). Civitac est allée à la rencontre du Directeur général de l’Agence et du président du Conseil régional de la jeunesse du Centre-Ouest pour échanger avec eux sur l’initiative.

Le 3 juin dernier, une caravane nationale de formation en entrepreneuriat suivant un concept spécial assez révolutionnaire a été lancée à Banfora, et ce en partenariat avec la Fondation africaine pour l’entrepreneuriat et le développement économique (AFFED). Un concept qui vise à changer l’approche en termes d’entrepreneuriat.

« Entreprendre ne signifie pas avoir de l’argent pour démarrer »

Selon le Directeur général de l’AFP/PME, Kiswendsida Honoré KIETYETA, le but de la formation est de permettre à des jeunes et à des femmes qui ont le goût de l’entrepreneuriat mais qui, malheureusement, ont des difficultés financières et qui n’ont pas bénéficié d’un appui au sein de leur famille ou à l’issue de leur formation, d’avoir les rudiments minimaux pour démarrer un projet entrepreneurial. « On mettra l’accent sur le fait qu’entreprendre ne signifie pas avoir de l’argent pour démarrer. Ça signifie plutôt démarrer et l’argent va s’ensuivre. »

La formation a ainsi plusieurs composantes. Elle commence par l’esprit d’entreprise, ensuite met l’accent sur les aspects développement personnel, pour préciser un peu quelle doit être la mentalité d’un entrepreneur. « Parfois on a beaucoup d’informations dans les bouquins, notamment comment on tient sa comptabilité, comment on fait des économies, comment on prospecte, mais il y a un aspect qui n’est pas toujours enseigné, celui de savoir comment garder sa motivation face aux difficultés, comment soi-même on arrive à développer une idée, utile pour soi et pour le marché, de façon profitable, mais en ayant comme acteur unique le promoteur qui pense grand mais commence petit. C’est tout cela qui forme le concept "EZF" : apprendre à saisir des opportunités mais en ne comptant que sur soi-même avec ses propres ressources », explique M. KIETYETA.

À l’issue de cette formation, le souhait de l’AFP/PME est que les participants aient des projets clairs dans lesquels ils ont décidé d’investir dans les trois mois qui suivent. « Au niveau de Banfora, nous avons fait une étude post-formation. Sur 316 personnes qui ont pris part à la formation, on a eu 273 qui sont sorties avec des projets clairs. Dans les deux mois qui ont suivi, sur ces 273, il y a 154 qui ont démarré leurs projets ou qui ont consolidé leurs projets qu’elles avaient en tête, et elles l’ont fait en solo », se réjouit le Directeur de l’Agence.

Le président du CRJCOS apprécie l’initiative

Pour le président du Conseil régional de la jeunesse du Centre-Ouest, Saïdou KOANDA, par ailleurs représentant des bénéficiaires, la formation est une très belle initiative que les jeunes saluent car elle va les initier à l’entrepreneuriat. Il pense que l’esprit dans lequel la formation s’inscrit est de démystifier la question entrepreneuriale et de faire en sorte que les jeunes puissent comprendre que l’on n’a pas besoin d’avoir un appui extérieur pour pouvoir commencer quelque chose.

Il pense cependant que l’esprit de gratuité de la formation est bien mais ne permet pas de tester la motivation des jeunes dès le départ. Une formation à prix réduit, selon lui, pourrait être une solution, surtout que le comité d’organisation rencontre d’énormes difficultés pour satisfaire certains besoins des participants. Il dit aussi espérer que les autorités vont saisir ces opportunités pour témoigner et montrer leur rapprochement de la jeunesse. « Les élus locaux doivent se les approprier et même accompagner l’équipe AZF et l’AFE/PME pour redescendre jusqu’aux communes et aux autres provinces de la région. Ce serait l’idéal pour moi pour pouvoir toucher le maximum de jeunes, et les élus locaux y ont un grand rôle à jouer. »

Le profil des participants

Prennent part, à cette formation, des jeunes, maximum 35 ans, et des femmes de tout âge, ayant au minimum le niveau de la classe de troisième. Un choix qu’explique M. KIETYETA : « C’est une approche qui utilise des outils qui nécessitent que les participants comprennent quelques termes en français, si bien que l’on n’a pas pu pour l’instant inclure dans notre offre des personnes illettrées. » Un défi donc à relever par l’ensemble des organisateurs parce que, dit-il, « toutes les populations ont envie de se prendre en charge. On se doit donc de trouver la meilleure approche pour le faire. Du reste, nous avons envisagé pour la suite un autre passage. Certainement que nous allons voir dans quelle mesure on peut associer des traducteurs afin de permettre à ceux qui ne sont pas à un niveau d’éducation élevé de pouvoir bien comprendre l’approche et les outils utilisés pour y arriver ».

Les messages du directeur et du président

Si la caravane sillonnera toutes les treize régions du pays pour cette formation, M. KIETYETA a fait comprendre que l’idée consiste surtout à commencer par les provinces plutôt que les capitales, afin que l’accès à la formation soit démocratisé. « Nous croyons au potentiel de ceux qui résident en province à transformer qualitativement et quantitativement la vie des populations. Nous croyons aux entrepreneurs installés dans ces régions. » Son message à l’endroit des jeunes est qu’ils saisissent toutes les opportunités pour se former, se cultiver, et aussi utiliser Internet pour bénéficier des opportunités de formation.

Quant à M. KOANDA, il demande à ses camarades jeunes de rester assidus, de considérer qu’ils ont une chance immense d’avoir pareilles opportunités. « Je suis convaincu que les opérateurs économiques que nous voyons aujourd’hui n’ont pas eu cette chance d’avoir des gens qui les conseillent, qui les orientent, qui leur donnent des outils pour commencer. Nous devons saisir cette chance et quitter dans cet esprit de toujours attendre des autres. On ne peut pas être dans la trentaine et toujours dépendre de ses parents. C’est inadmissible à partir du moment où il y a des opportunités. Il faut sortir de nos grins de thé, de nos maisons pour aller à la conquête de ces opportunités », a dit le président pour terminer.

Romuald Windenonga OUÉDRAOGO, Observateur Civitac, Koudougou

     

 

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