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Burkina Faso : 7e édition du forum Africapacités

Le forum des Organisations de la société civile, Africapacités, s’est tenu à Ouagadougou les 8 et 9 décembre 2023. Il a été organisé par Diakonia en collaboration avec d’autres Organisations de la société civile. Ce forum s’est déroulé au tour du thème : « Les États du Sahel à l’épreuve du défi sécuritaire et de la gouvernance : quadrature du cercle ou fenêtre d’opportunités ? ». Il avait pour objectif de favoriser le dialogue, le partage de connaissances, renforcer nos capacités collectives dans la promotion de la gouvernance démocratique et le développement durable.

Lors de la cérémonie d’ouverture, le président de la Délégation spéciale de la ville de Ouagadougou, Maurice KONATÉ, a accueilli les invités des pays amis en leur souhaitant la bienvenue. « Il faut vraiment les saluer. On a peint notre pays en rouge, beaucoup de personnes refusent de venir. Et si eux, ils le font, c’est que ce sont nos vrais amis », a-t-il affirmé. La Directrice Pays de Diakonia, Nadine KONÉ, à son tour, a d’abord rappelé la situation d’insécurité que vivent les trois pays de l’Alliance des États du Sahel. Elle a ensuite donné l’objectif de forum : « Ce forum se veut être une arène d’échange d’idées novatrices, de partage d’expériences et de propositions concrètes. Il vise à contribuer à transformer les défis en opportunités ». C’est Tom JINERT-BARET, représentant de l’Ambassade de Suède, qui a déclaré ouvert le forum Africapacités 2023.

Maurice KONATÉ, président de la Délégation spéciale de la commune de Ouagadougou.

La conférence inaugurale a été donnée par le Pr Augustin LOADA. Il s’agissait pour lui de répondre à cette question : « Les transitions politiques constituent-elles une quadrature du cercle ou une fenêtre d’opportunités ? » En guise de réponse, il a, dans un premier temps, relevé les défis du moment que sont le défi de la corruption et celui de la mauvaise gestion, ainsi que la question des tensions communautaires. Il a ensuite fait l’état des lieux des opportunités qui sont en train d’être saisies par les États du Sahel en transition. Il s’agit, entre autres, de l’amélioration de la dotation des armées, de l’intégration entre États (AES) et la mobilisation et l’implication de la jeunesse. Mais il a relevé qu’il y a « des choses qui tardent à être faites ». De ces choses on peut noter la refondation de la gouvernance démocratique et le renforcement du vivre-ensemble.
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Répondant à la même question, Siaka COULBALY, représentant le Premier ministre, a relevé que la situation actuelle des États au Sahel répond à une ambivalence. Elle est à la fois quadrature du cercle et fenêtre d’opportunités. Elle est quadrature du cercle car la classe politique ne s’est pas encore mue, pour répondre aux besoins réels du pays. Mais puisque le mal est identifié, il demeure confiant que les problèmes subis et les défis rencontrés constituent une fenêtre d’opportunités. Pour preuve, il évoque l’émergence de la conscience politique qui a permis d’aboutir à la capacité de décider ce que l’on veut et avec qui l’on veut.

Le panel suivant s’est déroulé sur le thème : « Refonder l’État, réinventer la gouvernance et restaurer la confiance : urgence conjoncturelle et priorités structurantes ». Le professeur Martial ZONGO a été l’un des panélistes. Se penchant sur l’analyse critique du protocole de la CEDEAO, il a d’abord évoqué les obligations de la CEDEAO imposées aux États. Ces obligations sont assorties de sanctions. La suspension de la participation à toutes les instances de la CEDEAO, le gel des avoirs financiers, l’interdiction de voyager, ainsi que le rappel des ambassadeurs sont entre autres sanctions évoquées par le professeur. Cet arsenal juridique comporte des limites préjudiciables à son efficacité. Elles sont, selon le professeur, d’ordre matériel et formel.

Photo de famille des participants.

Au demeurant, il a rappelé que le protocole ne concerne pas seulement la démocratie, mais aussi la bonne gouvernance. Malheureusement « on a l’impression que c’est un protocole unijambiste qui s’intéresse plus aux principes de la démocratie qu’à ceux de la bonne gouvernance ». Il a achevé sa communication en proposant des conduites à tenir pour permettre à la CEDEAO d’être une communauté des peuples. « Il faut avoir le courage d’aborder le tabou constitutionnel. Il s’agit de la question de la limitation des mandats présidentiels et la question de la démission préalable du chef d’État lorsqu’il veut se représenter aux élections. Il faut revoir les attributions des forces en attente de la CEDEAO afin qu’elles soient surtout une force de sécurisation des populations », a proposé le professeur Martial ZONGO.

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Les organisateurs se sont réjouis de la pertinence des communications et de la qualité des débats suscités. Dr Thomas OUÉDRAOGO a ainsi, au nom du consortium, remercié les participants, avant de leur donner rendez-vous pour l’édition prochaine.

Yves Joël YANOGO, Observateur Civitac, Ouagadougou

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