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Burkina Faso/Nord : les capacités d’analyse d’anticipation et de gestion des conflits des acteurs des collectivités renforcées

Le Laboratoire Citoyennetés a initié un atelier régional de renforcement des capacités d’analyse d’anticipation et de gestion des conflits au profit des acteurs locaux des collectivités territoriales partenaires. Organisée du 13 au 15 décembre 2023, à Ouahigouya, cette activité s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Programme d’appui à la Décentralisation et à la Participation citoyenne, phase 3 (DEPAC-3). Elle a favorisé ainsi le renforcement des capacités de ces acteurs sur la prévention et la gestion des conflits à partir des méthodes endogènes, administratives et juridictionnelles.

La question de la paix et de la cohésion sociale, sujet du moment, est au cœur des préoccupations de bon nombre d’ONG et de leurs partenaires. Le Laboratoire Citoyennetés en particulier en a fait son leitmotiv, à travers le programme DEPAC-3. L’organisation du présent atelier de renforcement des capacités d’analyse d’anticipation et de gestion des conflits au profit des acteurs locaux des collectivités territoriales partenaires entre dans ce cadre. Ses objectifs spécifiques sont, d’une part, d’échanger avec les partenaires des Collectivités territoriales (CT) sur les politiques et les stratégies nationales de cohésion sociale et leur territorialisation. D’autre part, l’objet est de dresser de façon participative une cartographie des conflits dans les territoires et d’établir une grille de lecture permettant de les anticiper. Par ailleurs, l’atelier vise à formuler des recommandations en vue d’améliorer la cohésion sociale et le vivre-ensemble.

Une vue partielle des participants à l’atelier.

La crise sécuritaire a impacté négativement le vivre-ensemble
La crise sécuritaire que connaît le pays a entrainé des pertes en vies humaines, des dégâts matériels et le déplacement de nombreuses personnes à l’intérieur du pays. Au titre des PDI, selon le Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR), le Burkina Faso enregistrait 2 062 534 de PDI (dont 58,50% d’enfants et 23,91% de femmes) au 31 mars 2023. La zone d’intervention du DEPAC enregistrait à la même période la moitié des PDI (1 033 296) du pays, soit 53, 5%. Cette situation fragilise la paix, la cohésion sociale et le vivre-ensemble et influence négativement l’atteinte des objectifs de développement économique et social durable du pays. De ce fait, le défi majeur est d’améliorer, voire de restaurer la cohésion sociale et le vivre-ensemble au sein des communautés vivant au Burkina Faso. Pour ce faire, il ressort de la plupart des analyses et des expériences que les réponses militaires et/ou matérielles à elles seules ne sauraient être la panachée pour éradiquer la crise.

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A cette stratégie, il est recommandé d’adjoindre l’approche communautaire pour trouver des solutions endogènes. A cet effet, l’implication de l’ensemble des acteurs locaux, ainsi que de toutes les composantes sociales et professionnelles, est requise. Dans le but d’apporter sa contribution dans la mise en œuvre de l’approche communautaire, le Programme d’appui à la Décentralisation et à la Participation citoyenne (DEPAC-3) a jugé bon d’organiser cet atelier régional de renforcement des capacités des acteurs locaux des collectivités territoriales partenaires dudit programme. Ce renforcement de capacités porte sur l’analyse, la prévention et la gestion des conflits à partir des méthodes endogènes, administratives et juridictionnelles.

Des communications ont ponctué ces trois jours
En effet, Jules BAZIÉ, chef de service de la Cohésion sociale et du vivre-ensemble, panéliste à cet atelier, s’est jeté à l’eau avec la première communication du premier panel intitulé Acteurs, stratégies et politiques de cohésion sociale. Cette rubrique a permis au communicant de présenter la Stratégie nationale de la cohésion sociale au Burkina Faso. Il a décliné cinq axes stratégiques de la stratégie nationale. Ces axes sont l’amélioration de la prévention et de la gestion des conflits ; l’atténuation des facteurs propices à la radicalisation et à l’extrémisme violent ; le renforcement du dialogue social et de la lutte contre l’exclusion ; le renforcement de la coordination et des capacités des acteurs ; et le pilotage de la stratégie.

Jules BAZIÉ, Chef de service de la Cohésion sociale et du vivre-ensemble, pendant sa communication.

Mathieu P. TONDÉ, Chef de service du suivi et de la capitalisation au Secrétariat permanent de l’Observatoire national de gestion des conflits communautaires (l’ONAPREGECC), a, en plus de la précédente communication, fait l’état des lieux et des pistes de solution des conflits communautaires. Cette présentation a laissé voir les chiffres des conflits communautaires au Burkina Faso en général et au Nord en particulier, capitalisés au niveau de l’ONAPREGECC. La région du Nord enregistre le taux le plus élevé en 2022 et en 2023, avec plusieurs mobiles de conflits, dont le plus important est celui lié au foncier, selon sa présentation.
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Mariam SANOGO/TOUNKARA, Directrice générale des Affaires religieuses, coutumières et traditionnelles, a aussi présenté une communication sur le rôle de sa Direction dans la prévention des conflits. Pour ce faire, après avoir présenté le service avec ses attributions, elle a détaillé ses différents rôles. Selon elle, l’idée étant que les conflits soient inévitables, il appartient à chaque communauté de développer et de promouvoir en son sein des mécanismes qui lui permettent de résoudre de façon pacifique les conflits qui naîtraient. La Direction privilégie des mécanismes modernes, traditionnels et endogènes de prévention et des modes alternatifs de gestion.

Analyse et prévention des conflits est également une communication présentée par Al Hassan KABORÉ. Cet Inspecteur technique en service au ministère de la Justice et des Droits humains, chargé des relations avec les institutions, estime que pour analyser un conflit, il est utile de clarifier et de hiérarchiser les divers problèmes à traiter. Cette analyse vise, selon lui, à déterminer notamment les causes du conflit, les parties en conflit, les attitudes des parties en conflit, les motivations, les incitations des parties, l’évolution du conflit dans le temps et les stratégies de gestions déjà initiées.

Une communication sur « les dispositions réglementaires et juridiques de prévention et de gestion des conflits », présentée par Daouda KOANDA, président du Tribunal de grande instance de Ouahigouya, a mis fin aux panels.

Des échanges et des travaux de groupe pour une formation efficiente
Chaque communication est suivie d’échange. Les participants ont marqué à ce niveau leur intérêt à travers leurs apports et l’importance du débat posé en français comme en mooré. Plusieurs travaux de groupe ont eu lieu pour l’atteinte des objectifs. En effet, les participants sont allés en plénière pour analyser la stratégie d’implémentation des initiatives issues de la Stratégie nationale aux niveaux communal et régional. Ils ont réfléchi aussi pour identifier des actions concrètes à mener pour la prévention et la résolution des conflits dans la région. Les participants ont enfin élaboré une cartographie des conflits dans la région et une grille de lecture de ces conflits. Des séances de restitution de ces différents travaux de groupe ont permis à l’assemblée de débattre et d’harmoniser les différentes propositions.
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Des participants en pleins travaux de groupe.

Les participants, à travers leurs représentants, ont exprimé, à la fin de la séance, leur satisfaction pour la tenue de cette activité. Les organisateurs de l’atelier, quant à eux, ont exhorté les participants à véhiculer ces messages de paix reçus, avant de mettre fin à ces trois jours de travaux.

Abdoulaye OUÉDRAOGO, Observateur Civitac, Ouahigouya

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